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Un début d'année particulièrement pluvieux : à quoi s'attendre pour la suite ?

Alors que les records de sécheresse étaient battus les uns après les autres en 2017, ce début d'année 2018 est bien différent. Les périodes perturbées se succèdent sur la France et nos régions méditerranéennes ne sont pas épargnées. Les pauses de beau temps sont rares. De plus, ce temps humide fut parfois accompagné de froid comme fin février permettant à la neige de faire son apparition. Alors, a-t-on rattrapé le déficit engendré par l'exceptionnelle sécheresse ? Aurons-nous suffisamment de réserve pour passer un potentiel été chaud et sec ? Que nous réserve la suite de ce printemps ? Voici quelques éléments de réponses dans l'article ci-dessous.

Faisons un rapide bilan des mois écoulés. Nous commençons naturellement par le mois de janvier. Celui-ci fut particulièrement agité à l'échelle de la France. Les tempêtes furent nombreuses. En effet, le flux Océanique était dominant et a engendré un excédent thermique important, de l'ordre de 3°C au-dessus des moyennes de saisons (Météo-France). Les précipitations étaient également bien au-dessus comme l'illustre cette carte :

Source : Météo-France

Dans le Sud de la France, nous remarquons que les plaines littorales de l'Aude et des P.O mais aussi certains secteurs du Sud-Est et de la Corse sont restés globalement au sec alors que nous sommes en grand excédent autour de Montpellier. Les disparités sont également présentes pour le mois de février. Pour établir ce constat, nous nous sommes basés sur trois stations officielles représentatives du climat de la région : Montpellier-Fréjorgues, Nîmes-Courbessac et Perpignan-Rivesaltes. Voici les cumuls observés depuis le 1er Janvier 2018 jusqu'à ce jour le 24 mars sur ces trois stations (sources des données : Infoclimat) :

- Montpellier : 436,8 mm (soit un excédent d'environ 200 %)

- Nîmes : 291,6 mm

- Perpignan : 120,7 mm

Le constat est assez simple, on remarque un déficit assez important près du Roussillon. En revanche, le Montpelliérain est très arrosé en ce début d'année. Sur l'année 2017 entière, il était tombé 339,5 mm. Ainsi, en moins de trois mois, nous avons dépassé le cumul de toute une année, aussi exceptionnelle fut-elle. Par ailleurs, ce début mars est assez perturbé. La faute à un régime de temps récurrent de type NAO - . Cela signifie que le courant jet Atlantique vient directement sur le Sud de la France. Nous avons donc un temps très arrosé.

Source : Cerfacs.fr

La question que beaucoup se posent est alors la suivante : cela suffit-il à rattraper le retard engranger en 2017 ? La réponse se fait en deux temps, car oui en surface la sécheresse est bien moins importante et quasiment inexistante. Cela n'est pas le cas de partout. Comme dit plus haut, certains secteurs restent plus au sec mais cette situation est désormais plus localisée qu'en 2017 où elle s'étalait sur de vastes zones. En revanche, la situation dans les nappes phréatiques n'est pas si optimiste.

Source : BRGM

Comme on le remarque sur cette carte, les niveaux des nappes au 1er mars (ne tient donc pas compte de ce mois de mars pluvieux) sont modérément bas sur l'Ouest de la région avec une tendance à stagner voire à être en hausse. Plus à l'Est, les niveaux sont autour de la moyenne et ont même tendance à remonter. Cela corrobore les précédentes constations des cumuls de pluie du début d'année. Nous sommes donc dans l'attente de la suite du printemps qui s'annonce crucial pour recharger ces nappes et prendre de l'avance avant l'été. Nous n'avançons pas une quelconque prévision pour l'été 2018 mais statistiquement parlant, les étés méditerranéens sont chauds et secs. Mais quelle est la tendance pour ces prochaines semaines ?

Le week-end de Pâques s'annonce particulièrement agité et même orageux. Cela s'explique par la mise en place d'un vaste système dépressionnaire sur le bassin Atlantique nous plaçant dans un flux de Sud à Sud-Ouest plus doux mais surtout instable. Cette situation sera donc propice à une dégradation orageuse. Par la suite, notre tendance va vers une première décade d'Avril encore sous les moyennes de saison au niveau des températures. Mais cela pourrait aboutir vers une suite d'un printemps chaud et orageux à l'échelle du Sud de la France. Nous pourrons donc continuer de rattraper le déficit pluviométrique. Malheureusement, cette tendance orageuse restera sans doute localisée et certains secteurs pourraient y échapper. Cela reste bien évidemment à affiner au fil des actualisations.

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