Programme météo en France : très perturbé puis potentiel froid en février ?
Nous connaissons un hiver différent des précédents avec une agitation météorologique plus prononcée que ces dernières années. L'hiver n'est pas encore terminé : à quoi s'attendre pour la suite ?
1) Un couloir dépressionnaire bien ancré avec des ondulations : pour le moment, les dépressions viennent de l'Ouest !
Nous sommes ce samedi 24 janvier sous l'influence d'un minimum dépressionnaire Méditerranéen à l'origine de la dégradation que l'on vient de connaître et qui se poursuit encore en cette fin de journée. Nous allons aborder cet article différemment des précédents. Il ne s'agira pas d'une prévision détaillée, mais d'une discussion plus générale sur la situation en cours et à venir au cours des jours et semaines à venir. Il convient de se souvenir qu'il y a une semaine environ (autour de la mi-janvier) les modèles étaient en faveur de l'arrivée d'air très froid sur l'Europe. Le scénario était incertain sur la France, mais néanmoins en faveur de la France.
Il n'en sera rien. Pour les jours à venir, la tendance dominante est très orientée "océanique". Un défilé d'anomalies dépressionnaires venues de l'Ouest, sur un axe Islande / Méditerranée. Cela va en faveur d'une fin janvier perturbée, globalement nuageuse malgré quelques périodes de soleil, et avec des passages précipitants. Il n'est pas raisonnable de parler de froid. Les températures devraient se situer très légèrement au-dessus des normales saisonnières, disons proches des normes. Vous l'aurez compris : il s'agit de la poursuite de la récurrence actuelle. L'anomalie dépressionnaire à 500 hPa (environ 5000 m d'altitude) pour cette fin janvier est éloquente.

2) Et la suite du programme pour février ?
Il est honnête de dire que "prévoir la météo" à longue échéance est un exercice très délicat et que la fiabilité est médiocre. Il y a néanmoins une chose évidente sur laquelle insister : ce mois de février, à l'image de décembre et de janvier, est loin d'être fermé. De nombreux indices permettent d'anticiper via une approche probabiliste les régimes de temps à venir. L'hésitation se situe entre poursuite d'un régime d'Ouest ondulant, avec températures proches/légèrement au-dessus des normes et pluviométrie importante à potentiellement exceptionnelle autour de nos régions Méditerranéennes, et mise en place d'un blocage nordique.
En cas de blocage nordique, on ne parle plus de "simples ondulations" mais d'une poussée anticyclonique vers les très hautes latitudes et la possibilité de décrochage polaire sur l'Europe. Ce terme est désormais utilisé à toutes les sauces par les médias, mais il ne s'agit pas d'une simple "goutte froide" qui nous arrive dessus. Il s'agit d'un décrochage massif dont l'origine est le pôle. Bon, nous n'en sommes pas là à cette heure : aucun modèle déterministe/ensembliste ne modélise cela à échéance raisonnable mais c'est une option que l'on va clairement surveiller courant février. Ci-dessous, on retrouve ce signal "très dépressionnaire" pour février. L'option "températures de saison et fortes précipitations" est alors retenue.

3) De l'humidité, mais peut-on espérer du froid et de la neige en plaine à un moment ou un autre ?
Comme indiqué dans le paragraphe juste avant, nous retiendrons que cette circulation atmosphérique ondulante est un "schéma non fermé". Pour qu'il neige chez nous en Méditerranée, il faut que les anomalies dépressionnaires circulent en flux d'Est, donc à l'inverse de ce que l'on a actuellement. Toutefois, il est à noter la mise en place d'un puissant réchauffement stratosphérique et à un ralentissement des vents zonaux (d'Ouest) dans les prochains jours. Ce n'est pas l'assurance d'une vague de froid, surtout en France, mais une indication quant au fait qu'une tentative de "blocage hivernal" est probable courant février en Europe.
On aura largement le temps d'en reparler d'ici là. Si cette configuration météorologique se confirme, il n'y aurait rien d'étonnant que le froid et la neige gagnent aussi le sud de la France. Là encore, nous restons au stade de discussion. Ce n'est pas "une prévision brute et certaine". En cas de réchauffement stratosphérique majeur, le vortex polaire est susceptible de se déplacer et/ou de se scinder en deux. Il y a souvent quelques jours de décalages entre la stratosphère et la troposphère. Donc pas avant le 10/15 février.
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