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Mer chaude : le risque d'épisode méditerranéen et cévenol est il plus important cet automne ?

Suite au fort épisode de canicule qu'ont connu les régions Méditerranéennes entre la fin juin et début juillet, la température de l'eau de mer s'est envolée sur la mer Méditerranée. Vers le 10 juillet, avant que le mistral et la tramontane se lèvent, l'eau de mer a atteint 25 à 27°C sur de très vastes portions du bassin Méditerranéen, localement 28 à 29°C sur le bord de mer. La bouée au large de l'Espiguette a même dépassé les 30°C, à 6 km du littoral !

Depuis, la température de l'eau de mer s'est légèrement abaissée, notamment sur le littoral des Bouches-du-Rhône, du Var et de l'Aude, en raison du mistral et de la tramontane qui soufflent modérément de façon quotidienne et qui exercent un phénomène d'upwelling. Ce dernier s'opère lorsque de forts vents poussent l'eau de surface présente en bord de plage vers le large, ce qui laisse un "vide" permettant aux eaux de fond de remonter (en boucle) vers la surface. Cette boucle donne parfois des différences de températures très importantes en moins de 24h.

Le constat est le suivant : ce 12 juillet 2019, l'eau de mer à l'échelle du bassin Méditerranéen est plus chaude que la normale. Vous êtes nombreuses et nombreux à nous poser la question : est-ce que cette situation va favoriser l'apparition d'épisodes orageux (méditerranéens et cévenols) précoces, plus nombreux et plus intenses pour la fin de l'été et l'automne à venir ? Voici quelques éléments de réponse :

Tout d'abord, il est important de comprendre qu'à cette heure, aucun lien scientifique n'a été établi entre la température de la mer et la fréquence des épisodes diluviens. Il s'agit à ce jour d'une croyance publique et médiatique. Pour s'en convaincre, nous vous proposons ci-dessous un tableau des derniers "gros épisodes" ayant touché les régions Méditerranéennes ces dernières décennies. Le constat est assez évocateur :

Il y a des années où la température de la mer a été chaude, sans qu'il ne se produise le moindre épisode diluvien. Les catastrophes de 1999 (Aude) et de 2002 (Gard) se sont produites avec une eau de mer froide (sous les normes de saison). A contrario, les inondations de 2005 (Hérault/Gard) ou encore de 2014 se sont produites avec une eau de mer chaude.

De façon générale, il est admis que l'eau de mer chaude favorise un contenu en eau précipitable et une instabilité atmosphérique plus importants que la moyenne. Il s'agit du carburant, de l'essence même des orages. Toutefois, en l'absence de forçage (présence d'une dépression) il ne se passe strictement rien. Ainsi, l'eau de mer aurait beau être à 35°C. Si les conditions sont stables, il ne se passera rien. A contrario, une eau de mer à 18°C avec une dépression bien positionnée représente un scénario bien plus dangereux. Par ailleurs, la température de l'eau de mer peut rapidement évoluer à cette période de l'année : il est bien trop tôt pour savoir à quel niveau elle se situera à la fin de l'été. 

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