Aurores boréales : comment les prévoir et est-ce d'autres épisodes sont possibles en 2025 ?
L'année 2024 nous a gâtés de deux épisodes d'aurores boréales particulièrement intenses, à tel point que même la région Languedoc a été concernée. Mais posons-nous la question. Comment une aurore boréale se forme ? Comment on la prévoit ? Et est-ce que d'autres épisodes sont possibles dans le courant de l'année 2025 ? Nous allons essayer de répondre à ces questions.
1) Formation d'une aurore boréale
Les aurores boréales sont ces lumières qui apparaissent la nuit au niveau des Pôles. En effet, la Terre est une planète qui possède une sorte de bouclier magnétique (que l'on appelle champ magnétique), qui permet de nous protéger des particules radiatives envoyées par le soleil (on y reviendra). Seulement, les pôles de la Terre sont moins protégés, et c'est pour cela que les aurores deviennent visibles dans ces régions (c'est pour cela que les avions de ligne ne survolent jamais les pôles). Ces particules proviennent du soleil, qui est un corps céleste souvent instable, avec des pics d'éruptions selon les périodes.

Champ magnétique de la Terre
Tous les 11 ans, le Soleil change de comportement : son champ magnétique s’inverse complètement. Le nord magnétique du Soleil devient le sud et l’inverse. Lors d'une inversion, son cycle provoque plus de taches solaires, d’éruptions, et donc plus de particules envoyées vers la Terre (et les autres planètes du système solaire). Quand ce cycle atteint son maximum, les aurores sont plus nombreuses et parfois visibles plus au sud que d’habitude, comme les 11 mai ou le 10 octobre 2024. Le champ magnétique de la Terre joue un rôle clé en guidant les particules vers les pôles. C’est cette rencontre entre les particules solaires et l’atmosphère qui crée ce spectacle lumineux impressionnant dans le ciel nocturne.
Sur Terre, l'inversion magnétique se produit aussi, mais tous les 300.000 - 800.000 ans. Cela veut dire qu'à un moment où le champ magnétique de la Terre s'inversera, notre boussole indiquera au nord ce qui est au sud avec un pic de l'activité volcanique. Seulement, le magma sorti des volcans n'aura aucun impact magnétique sur les autres planètes ! Le champ magnétique de la Terre joue un rôle clé en guidant les particules vers les pôles. C’est cette rencontre entre les particules solaires et l’atmosphère qui crée ce spectacle lumineux impressionnant dans le ciel nocturne.
2) Comment prévoir une aurore boréale ?
Avant de commencer à lire ce paragraphe, cliquez sur le lien qui est mis en annexe. Ce paragraphe servira de mode d'emploi pour bien comprendre ce site. Plusieurs paramètres et sites sont utiles prévoir une aurore dans l'espace de quelques jours.
Des images de radiation ultraviolette extrême permettent d'observer sur la face visible du soleil les différentes éruptions (ce sont de brèves tâches brillantes). Il faut que la localisation soit centrée au milieu de l'image. Lorsque cette tâche est observée, il faudra être attentif aux autres paramètres.
Les images de la CME (Coronal Mass Ejections) permettent de mettre en valeur toutes les éjections de particules émises par le soleil. Souvent, ces particules sont éjectées sur le côté. Cela veut dire qu'elles ne sont pas dirigées vers la Terre et donc, aucune aurore ne pourra se présenter sur les latitudes moyennes. En revanche, si un anneau de plus en plus gros s'approche, une aurore boréale est probable.

Image de la CME
Mais ce n'est pas suffisant pour confirmer ou non un risque d'aurores boréales sur les latitudes moyennes. On va devoir se concentrer sur les données en chiffres.
- Un premier graphe (que certains connaissent), donnent l'indice KP (Planetary K-index). Cet indice est une prévision qui est évaluée sur une échelle de 1 à 9. Pour observer une aurore boréale, il faut au minimum un indice KP supérieur à 7.
- Un autre indice indique l'intensité du flux des particules solaires : le GOES X-Ray Flux. La courbe doit atteindre le niveau "X" pour qu'on s'intéresse à cette éruption.
- Les conditions météorologiques spatiales sont également importantes pour observer les évolutions et les prévisions d'aurores à court terme. Un paramètre important est à noter : le paramètre "G" (Geomagnetic Storm Impacts). C'est un paramètre qui prévoit le risque de tempête géomagnétique sur Terre. Pour observer une aurore, il faut au minimum un paramètre G3 ou G4.
- Les vents solaires doivent atteindre ou dépasser 700 km/s.
- L'indice Bt (intensité totale du champ magnétique) doit être supérieur à 20 nT.
- L'indice Bz (indice qui permet d'injecter les particules solaires via le champ magnétique terrestre qui remonte du pôle sud vers le pôle nord) doit être en dessous de -10 à -15 nT.
- Le paramètre solaire et la composante Bz sont très appréciés pour créer un index encore trop peu connu, mais très efficace pour le risque d'aurore : le Boyle Index (BI). Le BI doit être supérieur à 150 kV pour laisser apparaître quelques lueurs. Pour observer un bel arc auroral comme en mai ou en octobre, le BI doit dépasser les 300 kV (lien en annexe).
En conclusion, tous ces paramètres doivent obligatoirement être réunis pour créer de magnifiques aurores boréales sur la France.
3) De futures aurores boréales en 2025 ?
À l'heure actuelle, nous venons tout juste de passer le pic auroral. L'activité solaire tend donc à ralentir progressivement. Cependant, quelques éruptions notables ont encore eu lieu début avril avec quelques lueurs observées sur le nord de la France et il n'est pas impossible qu'un regain exceptionnel de l'activité arrive durant cette année.

Le cycle 25 (actuel) est-il un cycle si exceptionnel ? Pas vraiment, pour le moment, on peut même dire qu'il est dans la moyenne basse des cycles propices aux aurores boréales partout dans le monde. Certes, ce pic est plus impressionnant que celui de 2013, où il ne s'était pas passé grand-chose, mais lorsque l'on compare ce cycle avec le 21 (1980), 22 (1990) et 23 (2000), on est pour le moment sur un cycle "plus calme" que la moyenne. Les années les plus spectaculaires de l'histoire sont 1778 et 1957.
Annexes
Site de la météo spatiale : https://www.swpc.noaa.gov/
Site du Boyle Index : https://mms.rice.edu/forecast.html
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