Une vague de froid est-elle envisagée pour janvier 2025 ?
Fin d'année 2024 calme mais les météorologues surveillent attentivement l'évolution des prévisions pour la première moitié de janvier 2025. Il y a un risque de coup de froid plus marqué sur l'Europe, ou d'une vague de froid, même si les incertitudes restent encore importantes. On vous explique tout ci-dessous.
1) Évolution du contexte atmosphérique entre fin 2024 et début 2025 :
Comme nous l'indiquons depuis plusieurs jours au sein de nos articles, la France demeure en cette fin décembre sous l'influence d'un anticyclone qui s'étire des Açores jusqu'à notre pays en passant par la Péninsule Ibérique. Il nous protège des perturbations et favorise également des inversions thermiques marquées puisqu'il fait froid la nuit et très doux en journée. On se dirige assurément vers une redistribution des 'cartes météorologiques' début janvier. Cela se fera comme toujours en plusieurs étapes.
Début janvier, on voit la cellule anticyclonique se renforcer près des Açores. Dans le même temps, le courant océnique (les vents d'Ouest) va franchement ralentir. Pour le moment, on ne parlera pas d'un renversement des vents zonaux, mais la perte de dynamisme du flux d'Ouest va avoir pour conséquence de favoriser l'élévation de l'anticyclone en direction du Groenland et de l'Islande. Autour du 3 janvier, nous pourrions alors avoir deux grands ensembles atmosphériques sur notre hémisphère : la constitution d'un bloc anticyclonique à l'Ouest et le début d'un décrochage polaire par le nord de l'Europe :

2) Comment appréhender la suite du programme ?
La configuration à venir est en soit classique et présente les incertitudes habituelles. L'élévation des hautes pressions vers les hautes latitudes entre le Groenland et l'Islande est généralement un marqueur de la mise en place d'un flux de nord sur l'Europe. La France est alors concernée, mais le "schéma hivernal" reste très modeste avec de la neige à très basse altitude uniquement sur le nord et les reliefs, alors que le froid est bien plus modeste dans le sud et le temps sec (mistral & tramontane autour de la Méditerranée).
Tout va se jouer sur le devenir des dépressions venues du Labrador et de Terre Neuve (voir sur la carte ci-dessous). Dans la phase de déclenchement des "vagues de froid" il y a toujours ce timing où les modèles voient les dépressions venues de Terre Neuve faire une jonction avec les basses pressions Européennes, coupant alors l'alimentation de l'anticyclone sur l'Atlantique et faisant avorter toute tentative de vague de froid. Illustration parfaite avec le modèle GEM aujourd'hui (voir carte ci-dessous). Dans ce cas là, il fait doux sur le sud et frais dans le nord de la France. L'air froid reste en marge de notre pays dans les grandes lignes (Allemagne / Pologne) même si temporairement un conflit de masses d'air se rapproche.

3) Parfois, la jonction des basses pressions ne se fait pas et cela évolue en blocage Islandais :
Cela va être le scénario à surveiller car il est globalement relayé par les modèles saisonniers à courte échéance. Dans ce cas, la jonction dépressionnaire entre les basses pressions venues de Terre Neuve et de l'Europe ne se fait pas et le bloc anticyclonique continue de se renforcer sur l'Atlantique. Peu à peu, les hautes pressions migrent vers l'Islande. On est alors dans une configuration où le décrochage polaire se généralise à l'Europe, dont la France, avec un flux qui s'oriente plutôt au Nord-Est.
Dans ce scénario, on a non seulement des températures franchement hivernales DE PARTOUT mais en plus de ça un risque de dépressions sur la Méditerranée et donc d'un épisode neigeux à très basse altitude. Ci-dessous, on retrouve l'illustration de ce scénario avec le modèle GEFS.

CONCLUSIONS : il est encore trop tôt pour affirmer qu'une vague de froid va toucher l'Europe et la France durant la première décade de Janvier. Toutefois, la situation est sous surveillance car le signal tend à se renforcer, conforté par des modélisations saisonnières qui voient des températures sous les normales saisonnières durant 15 jours. Il convient de se souvenir que par le passé il eu arrivé que les modèles saisonniers se plantent totalement, notamment chez nous en France car nous nous situons souvent au carrefour des influences.
Nous estimons qu'un schéma modérément hivernal devient probable. L'option "vague de froid neigeuse" est encore minoritaire, mais c'est normal à de telles échéances. Le modèle saisonnier CFS ci-dessous, dans sa version mensuelle, est éloquent :

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