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Réchauffement climatique : une illusion ou la réalité ?

Selon de nombreux sondages publics, plus de 35% des Français sont encore climatosceptiques, remettant en partie ou totalement en question le fait que les températures montent et que le climat évolue. De notre côté, la question ne se pose évidemment pas : la planète se réchauffe à une allure phénoménale, au-delà des scénarios les plus pessimistes qui étaient évoqués il n'y a ne serait-ce que dix ans. Le réchauffement climatique - tout comme le changement climatique - ne sont pas une illusion mais une réalité à laquelle notre société doit et va devoir s'adapter. 

Si les pics de douceur et de chaleur sont particulièrement impressionnants depuis quelques années, la notion de "climat" ne s'évalue pas sur 5 ou 6 ans mais sur plusieurs décennies. Toutefois, ne jouons pas sur les mots : la tendance enclenchée durant les années 80/90 ne cesse de se poursuivre et semble en nette accélération depuis 2017 environ. C'est comme s'il s'était passé "quelque chose" soudainement, comme si nous étions entrés dans une nouvelle aire météorologique. Nous avons désormais une partie de l'explication : 

Ci-dessus, il s'agit d'une carte qui réanalyse l'épaisseur des géopotentiels à 500 hPa (par rapport à la moyenne de ce que l'on observait entre 1941 et 1970). En gros, plus les géopotentiels sont élevés et plus la masse d'air est anticyclonique. Plus ils sont bas et plus le caractère dépressionnaire est affirmé. Il s'agit là d'une explication vulgarisée, mais qui donne l'idée générale. Le constat est SANS APPEL : l'Europe Occidentale - dont la France - est l'une des zones les plus impactées de la planère avec une hausse de 6 à 8 dam sur le trimestre Décembre / Janvier / Février. 

Concrètement cela veut dire quoi ? L'évolution climatique est en faveur d'un déplacement de la cellule anticyclonique originellement récurrente près des Açores jusqu'à l'Europe de l'Ouest. Cet anticyclone qui restait plus souvent cantonné à l'Afrique du nord et aux Açores remonte désormais de plus en plus souvent vers la France et y stationne plus durablement. Quelles sont les conséquences de cette évolution : la masse d'air étant plus stable, les précipitations se raréfient (1) et les températures augmentent (2). Ce constat est malheureusement présent en toutes saisons. Il n'y a pas eu un seul record de froid absolu depuis de nombreux années sur nos régions méditerranéennes. Par contre, les records de douceur, de chaleur et de sécheresse s'enchaînent les uns après les autres ! Illustration ci-dessous avec l'évolution des températures à Nîmes entre 1920 et 2024 :

Avant 2017, la barre des 40°C a été atteinte que lors de deux années (1947 et 2003). Depuis, elle est non seulement atteinte tous les ans, parfois à plusieurs reprises, et avec une maximale de plus de +44°C en juin 2019. Le constat est le même sur l'ensemble des villes des régions méditerranéennes : les valeurs maximales sont sans cesse revues à la hausse. A l'inverse, le nombre de jour avec gel décroit rapidement, tout comme le nombre de jour sans dégel (ce n'est pas arrivé une seule fois depuis 2012 pour cette station de Nîmes). 

Les chiffres et seulement les chiffres. Les nouvelles normales ont bien évidemment monté la température moyenne (aussi bien les minimales que les maximales). Malgré cela, le dernier mois qui présente une petite anomalie thermique négative date de... Mars 2022 avec SEULEMENT -0.3°C par rapport aux normales. Depuis, c'est constamment au-dessus : une telle série ne s'est tout bonnement jamais produite sur notre région. Nous en sommes à 23 mois consécutifs avec février qui devrait finir très au-dessus également

Certains parlent de cycle. Nous espérons de tout coeur nous tromper, mais la tendance de fond est bien présente. Le climat méditerranéen va globalement s'assécher et continue de se réchauffer. Cela va dans le sens d'épisode pluvieux de plus en plus rares, d'une douceur hivernale fréquente, de canicules intenses l'été. Le manque de précipitation est lui aussi l'une des caractéristiques de l'évolution climatique sur notre région. Cela ne veut pas dire que l'on ne peut plus avoir un épisode cévenol, ou des orages l'été, ou une neige l'Hiver, mais que ces phénomènes vont continuer de se raréfier. Tout comme la neige en montagne... 

A voir ce qu'il se passera dans les prochaines années. Paradoxalement, la vulnérabilité au gel des cultures pourrait continuer d'augmenter avec des arbres de plus en plus précoces et des coups de froid plus tardifs, durant le printemps, lorsque le vortex polaire se destructure. 

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