Exceptionnelle douceur de février 2019 et réchauffement climatique : existe-il un lien ?
Le mois de février 2019 fut historiquement doux, avec de nombreux records absolus de température maximale sur des stations datant parfois de 100 ans. Les régions Méditerranéennes n'ont pas été les seules à être concernées. Ce ne sont pas moins de 72 villes qui ont battu leur record mensuel absolu. Par ailleurs, il s'agit également du record du nombre de jours où les températures ont atteint la moyenne d'une mi/fin avril. Le printemps en plein hiver.
Si la mémoire est bien souvent trompeuse lorsqu'on se rappelle de journées "très douces" et "printanières" il y a 50 ans, les chiffres parlent d'eux-mêmes : jamais il n'avait fait aussi chaud depuis que l'Homme réalise des mesures fiabilisées. Certains nous reprocherons de ne pas parler des millénaires qui se sont écoulés et qui ont pu présenter des températures très douces, mais nous vivons avec notre temps (sans jeu de mot). Ainsi, nous considérons dans cet article les mesures effectuées ces dernières décennies. Cet épisode de grande douceur illustre-il le réchauffement climatique ou est-ce une simple coïncidence ?
Source carte : Infoclimat.fr
Tout d'abord, revenons sur la définition officielle du réchauffement climatique. Il est caractérisé par "l'augmentation de la température moyenne à la surface de la Terre due à l'accroissement des gaz à effet de serre dans l'atmosphère (GDT)". Là encore, il n'est pas question dans cet article de chercher des coupables mais simplement de commenter des données factuelles, qui ont été observées et mesurées.
Entre le 27 et le 28 février 2019, les maximales ont atteint ou dépassé les 20°C sur quasiment tout le pays. Des pointes à 23°C ont été observées en Bretagne, 26 à 27°C localement sur le bassin Méditerranéen (côté Roussillon) et jusqu'à 27 ou 28°C l'Aquitaine. Pour rappel, un an plus tôt, les températures étaient souvent 20 à 30°C inférieures. Les années se suivent mais ne se ressemblent pas ! Ces deux seules journées ne suffisent donc pas à dire qu'il s'agit du réchauffement climatique. Ce dernier doit être considéré sur de longues périodes (moyennes mensuelles sur des décennies) et non pas sur 48h de records. Ceci est un fait…
Sur le graphique ci-dessus (source : Olivier Berruyer) vous pouvez observer l'évolution des températures par rapport à la moyenne 1951 - 1980 entre 1880 et 2015 sur l'hémisphère nord. Nous avons volontairement sélectionné une représentation géographique étendue. Le constat est assez clair : les années se réchauffent de plus en plus. Il ne s'agit pas d'un épiphénomène avec une douceur de 48h, mais bel et bien de moyennes lissées sur des décennies de mesure qui ont gagné près de 2°C en 140 ans.
En conclusion, l'épisode de grande douceur que nous venons de connaître ne suffit pas à lui seul pour illustrer le réchauffement climatique. Cela dit, nous noterons que les records de douceur/chaleur sont de plus en plus nombreux à l'échelle de la planète, alors que les records de froid sont de plus en plus rares. Ceci corrobore également des moyennes mensuelles et annuelles revues à la hausse toutes les décennies. La planète a bien évidemment connu des périodes plus ou moins chaudes par le passé, là n'est pas la question. Les 12 mois de l'année se sont réchauffés, sans la moindre exception, dans les moyennes saisonnières. Que les hivernophiles se rassurent : malgré ce réchauffement indéniable, les hivers ne sont pas voués à disparaître totalement. La tendance globale n'exclue pas de brefs et intenses coups de froid.
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