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Prévisions météo : pourquoi la fiabilité n'est pas bonne ?

On le dit souvent, la météo n'est pas une science exacte. C'est ce qui la rend passionnante car parfois imprévisible. Il y a toujours eu des erreurs de prévisions, des situations difficiles à prévoir, des incertitudes sur le risque d'orages, les cumuls de pluie et leur localisation. Cela fait partie de la vie des prévisionnistes. Leur rôle est d'analyser l'ensemble des scénarios possibles et de déterminer lequel est le plus probable ou alors de créer un scénario possible à partir de données de plusieurs modèles. En 2020, la crise sanitaire a fait plonger le trafic aérien (entre autres). Il faut savoir que les modèles météo récupèrent les données de capteurs placés sur les avions. Sans avion dans le ciel, c'est toute une partie de données manquantes qui n'est pas assimilée par le modèle.

Les conséquences sur la fiabilité des prévisions a été soudaine et nette. Certains disaient que nous étions revenus en arrière de 10 ans dans la fiabilité. Actuellement, les avions ont repris leurs vols et le trafic aérien retrouve un niveau correct sans pour autant être aussi important qu'avant la crise. Cela devrait toutefois suffire à retrouver un jeu de données convenable pour les modèles mais la réalité est bien différente avec des prévisions toujours aussi brouillons. Exemple concret avec les inondations qui ont eu lieu dans le Gard ce 14 septembre.

Cartes : Météociel

Ci-dessus, il s'agit du modèle Arome développé par Météo-France. C'est un modèle spécialement conçu pour prévoir les orages et les systèmes convectifs. Il est donc souvent très bon dans la modélisation des orages méditerranéens. Sur la carte de gauche, il s'agit de son actualisation du lundi 13 septembre à 17h. La carte montre l'accumulation de pluie prévu pour le lendemain mardi 14. On remarque ainsi de faibles pluies près des Cévennes entre 0 et 5 mm tandis que nous restons au sec entre Montpellier et Nîmes. La carte de droite est exactement le même modèle et toujours la même accumulation de pluie mais dans son actualisation du mardi 14 à 5h du matin. Là, ce n'est pas du tout la même chose avec 200 à 300 mm modélisés entre l'Est de l'Hérault et l'Ouest du Gard.

Il faut savoir qu'il s'agit ici un scénario du modèle Arome parmi d'autres scénarios de son ensembliste. Concrètement, le lundi 13, parmi seize scénarios disponibles, deux ou trois entrevoyaient un risque d'orages stationnaires. Cela donne environ 15 ou 20% de risque d'avoir un scénario extrême ce qui arrive assez souvent à chaque épisode pluvieux. Au final, un signal de fortes pluies s'est manifesté dans la nuit mais le modèle n'a réellement confirmé ce risque d'inondations qu'au lever du jour de mardi alors que l'épisode pluvieux débutait. C'est déjà arrivé par le passé avec des épisodes pluvieux "surprises" mais ils étaient rares. Ici, ce n'est qu'un exemple que nous vous avons montré car il est frappant. Pour autant, sachez que chaque journée de prévision est un véritable casse-tête et cela depuis de nombreux mois maintenant. Un autre exemple qui est d'actualité :

Cartes : Météociel

Encore une fois, il s'agit d'accumulations de pluies selon un même modèle : Arpège. La carte de gauche est le scénario d'hier samedi 17h. On remarque que nous avons une belle accumulation de pluie entre l'Ouest de l'Hérault et surtout entre l'Aude et les Pyrénées-Orientales avec 50 à 70 mm, localement 80 mm qui tomberaient d'ici jeudi matin. La carte de droite est le modèle arpège de ce dimanche matin. Fini les fortes pluies avec tout au plus quelques averses. Nous passons de 50-80 mm à 5-10 mm en seulement une actualisation. Ces deux exemples sont liés à de possibles épisodes pluvieux mais sachez que ces incertitudes sont également présentes sur les températures ou encore le vent.

Mais alors pourquoi ne retrouvons-nous pas une fiabilité correcte avec un trafic aérien plus stable ? Très honnêtement, nous n'avons pas de réponse certaine. Il faut savoir que les données des avions sont qu'une minorité des données que l'on ajoute à des modèles. Les stations météo au sol, les données marines (bateau, bouée) ou encore les satellites et images radar sont également très importants. Quel autre paramètre pourrait réduire la prévisibilité ? L'hypothèse de la 5G est à prendre en considération. En effet, toutes les instituions météorologiques ont tiré la sonnette d'alarme il y a déjà plus d'un an. En réalité, la 5G utilise la même fréquence que les satellites météo ce qui pourrait brouiller le signal et engendré de nombreuses pertes de données. La NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) craignait même une perte de 77% des données. En conséquence, une fiabilité qui pourrait baisser d'environ 30%.

Ces alertes ont débuté en 2020 lors du lancement des premières antennes 5G. Au vu de l'expansion rapide de la 5G, nous devrions avoir des réponses incessamment sous peu si ces craintes étaient justifiées et quelles conséquences cela aura dans le temps. Ce qui est sur, c'est que l'ensemble des modèles météo sont en baisse de fiabilité.

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