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Un été très chaud : est-ce normal d'avoir de telles températures ?

Les températures que nous connaissons ici en Languedoc-Roussillon depuis le début de l'été sont-elles normales ou non ? Le débat est récurrent depuis quelques semaines. Certains jugent que de telles températures sont normales en avançant le prétexte que "nous sommes en été" alors que d'autres subissent au plus haut point la chaleur. L'étude climatologique que nous allons apporter entre la fin juin et ce 11 août permet d'apporter une réponse scientifique à ce débat.

Tout commence fin juin 2019, avec une canicule d'intensité exceptionnelle. Entre le 26 juin et le 8 juillet, la moyenne des températures maximales atteint un niveau record sur plusieurs départements de la Méditerranée : 38 à 40°C de l'est Hérault au centre du Var en passant par le Gard et le Vaucluse. Des pointes à 40°C sont observées entre Gard et Vaucluse ! Le 28 juin 2019, la canicule est à son paroxysme avec 42.4°C à Perpignan, 43.5°C à Montpellier-Fréjorgues, 44.4°C à Nîmes, 45.9°C à Gallargues-le-Montueux (30) et jusqu'à 46.0°C sur Vérargues (34). De telles valeurs ont pulvérisé de plusieurs degrés les anciens records de ces stations et ont changé le paysage climatologique de notre pays ! Un retour d'expérience a été réalisé sur cet événement exceptionnel : il est consultable ICI

Malgré un début de mois de juin assez frais et perturbé, l'écart à moyenne mensuelle atteindra in fine +0.25°C à Perpignan, +0.35°C à Montpellier ou encore +1.7°C à Nîmes. Il aura suffit de 5 jours de fortes chaleurs pour tamponner le déficit accumulé durant les deux premières décades. Le mois de juillet 2019 a continué dans la lancée, avec des températures frôlant localement des records mensuels, notamment sur l'Hérault et le Gard.  

Durant tout le mois de juillet 2019, l'écart à la moyenne mensuelle de référence 1981 - 2010 de la température maximale a atteint fréquemment +4°C en bord de mer et +5 à +7°C dans l'intérieur des terres. C'est entre le Gard et la Lozère que l'écart a été le plus important. Les 40°C ont été franchis à plusieurs reprises dans le Haut-Gard. Concernant l'Aude et les Pyrénées-Orientales, qui ont des moyennes mensuelles un peu plus basses que l'Hérault et le Gard, un écart de +5°C a également été observé

C'est indiscutable : fin juin et juillet de cette année 2019 sont des ovnis météorologiques et ce que nous connaissons actuellement est tout sauf NORMAL. Concernant la première décade d'août, elle est également très chaude ! Ce 11 août, à l'heure de rédaction de cet article, l'écart aux normales saisonnières entre le 1 et le 11 août (moyenne journalière) atteint : +2.0°C à Montpellier-Fréjorgues, +2.6°C à Perpignan-Rivesaltes et +3.4°C à Nîmes-Courbessac.

Une fois encore, un tel écart aux normes est très significatif ! Pour répondre à la question posée en début d'article : l'été que nous connaissons jusqu'à présent n'est pas simplement chaud mais EXCEPTIONNELLEMENT chaud particulièrement sur l'Hérault, le Gard, le Vaucluse et plus largement la moyenne vallée du Rhône. D'ailleurs, concernant le Gard, la canicule de juin/juillet 2019 est supérieure à toutes les précédentes (depuis le début des relevés météorologiques) dont celle de 2003 :

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