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Réchauffement stratosphérique : où en sommes nous ?

Durant la saison hivernale, nous nous intéressons toujours aux températures observées et attendues dans la stratosphère. Pourquoi ? Tout simplement car il arrive qu'un changement de température dans la stratosphère induise des répercussions sur le temps observé et attendu dans la troposphère, qui est la couche de l'atmosphère dans laquelle nous vivons. Afin que vous compreniez au mieux cet article, retrouvez ci-dessous une image qui vous permettra de situer la troposphère, la stratosphère et la mésosphère.

L'atmosphère est composée de trois couches. La plus basse est située entre 0 et 10 km d'altitude environ, là où nous vivons. Elle est nommée troposphère. La deuxième est située entre 10 et 50 km d'altitude environ. Il s'agit de la stratosphère. Enfin, la troisième est située au dessus de 50 km. Il s'agit de la mésosphère. Habituellement, les températures sont comprises entre -50 et -80°C dans la stratosphère à cette période de l'année, moment où le vortex polaire est censé être le plus concentré.

Pour rappel, fin décembre 2018, la stratosphère a connu un réchauffement stratosphérique majeur, avec des températures atteignant jusqu'à +12 ou +14°C durant 24h au dessus de la Russie. Conséquemment, le vortex polaire habituellement très concentré en stratosphère s'est totalement destructuré et affaibli. Pour autant, les répercussions vers la troposphère ont été de très faible ampleur jusqu'à présent. Les actuelles descentes d'air froid que nous connaissons actuellement sur l'Europe - dont la France est en limite de course - sont plutôt attribuées à un blocage sur le proche Atlantique.

Toutefois, à l'heure actuelle, la stratosphère continue de subir de petits réchauffements. Ils sont certes moins intenses que celui observé fin décembre, mais mettent à mal le vortex polaire stratosphérique en continuant de le désorganiser. Ce dimanche 6 janvier 2019, nous avons même assisté à un petit "SPLIT EVENT" avec un vortex se scindant en deux parties distinctes :

On constate par ailleurs un nouveau réchauffement au dessus de la Russie avec temporairement une élévation à -10°C (référentiel 10 hPa) contre -70°C il y a encore quelques semaines. On sait que les éventuels - mais incertains - effets des réchauffements stratosphériques se produisent généralement 10 à 15 jours après l'initiation de ces derniers. La question reste de savoir si cette fois les échanges troposphère - stratosphère fonctionneront ou s'ils resteront timorés. Un petit réchauffement comme on connait actuellement donne parfois des répercussions plus lourdes qu'un réchauffement majeur. 

En l'occurrence, il apparaît que des potentiels hivernaux s'ouvrent à long terme (durant Janvier) sur toute l'Europe, dont notre pays. Le modèle CFS saisonnier continue, run après run, de s'inscrire dans des projections franchement hivernales sur notre pays. Bien que ce type de projections reste à considérer avec prudence, conte tenu de l'échéance, l'insistance du modèle apporte un signal non négligeable. Pardonnez l'expression mais "à force de tourner autour du pot, nous allons finir par le remplir".


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