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Réchauffement stratosphérique fin décembre : à quoi faut-il s'attendre sur l'Europe ?

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Il y a une semaine, nos prévisionnistes rédigeaient un premier article quant au réchauffement stratosphérique attendu fin décembre. Ce jeudi, nous vous proposons un nouveau point détaillé, d'autant que la prévision émise précédemment semble se confirmer et que de nouveaux éléments viennent corroborer les tendances émises pour janvier. Tout d'abord, intéressons-nous à l'état actuel de la stratosphère. Cette dernière représente la seconde couche de l'atmosphère terrestre.

Pour cette fin de semaine, les températures en stratosphère vont atteindre -80°C au niveau de la Scandinavie et du nord de la Russie, ce qui est tout à fait classique pour la période de l'année. Conséquemment, le vortex polaire est bien structuré aux hautes latitudes, garantissant un froid intense près du pôle nord. Vous noterez que là encore, il n'y a rien d'inhabituel à avoir très froid près du pôle nord… Cela dit, la carte ci-dessous va être à comparer avec la deuxième carte de cet article.

A titre de comparaison, la carte ci-dessous est une modélisation des températures attendues en stratosphère pour Noël. On y constate un puissant réchauffement stratosphérique sur la Russie, avec des températures devenant temporairement POSITIVES à 10hPa. Pour rappel, la stratosphère est située entre 6 et 16 km d'altitude dans sa partie inférieure, 50 km dans sa partie supérieure. De tels niveaux ne sont pas exceptionnels - nous tenons à le préciser - mais vont engendrer des répercussions sur le vortex polaire.

La première conséquence, qui semble s'établir dès la fin décembre, est caractérisée par le déplacement du noyau concentré du vortex polaire. Sur la première carte, nous pouvions voir qu'il était très concentré près de la Scandinavie et de la Russie. En projection pour Noël, il devrait se déplacer vers le Groenland, puis vers le Canada. Deuxième observation : il semble que nous nous dirigions vers un "displacement event" et non vers la scission du vortex polaire. Pour être plus clair : le vortex polaire va probablement être attaqué par cet air chaud, mais il va surtout se déplacer plus que se morceler.

Le paroxysme du réchauffement stratosphérique sera atteint entre Noël et le jour de l'An. Le vortex se réchauffera et se réduira au nord de l'Amérique. Par ailleurs, nous allons probablement assister à l'effondrement des vents zonaux en stratosphère également. Dans l'hémisphère nord, le flux directeur à très haute altitude est orienté à l'Ouest. A très haute altitude, l'ensembliste GEFS (modèle qui regroupe de nombreux scénarios) confirme lui aussi cet affaiblissement prononcé du vent zonal.

Concrètement, une telle situation semble propice à la mise en place d'une vague de froid courant janvier sur l'Europe. Il est bien évidemment trop tôt pour savoir si cet air froid progressera ou non vers la France et surtout avec quelle intensité. Notez toutefois que Janvier 2019 ne devrait pas ressembler à Janvier 2018 qui était exceptionnellement doux. En février 2018, nous avions assisté à un réchauffement stratosphérique majeur, avec scission du vortex polaire. Cette fois, nous insistons bien là-dessus, il s'agirait plutôt d'un déplacement du vortex, avec des conséquences moindres. A suivre avec grande attention.



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