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Réchauffement stratosphérique en cours : que se passe-il au dessus de nos têtes ?

météociel.fr

Il y a plusieurs semaines que nous vous évoquons l'actuel réchauffement stratosphérique qui se poursuit après avoir débuté en fin de semaine dernière. Le paroxysme de son intensité est actuellement atteint au dessus de la Russie, avec plus de 10°C modélisés à 10 hPa. Pour rappel, la stratosphère est le couche atmosphérique située au dessus de celle où nous visons - nommée la troposphère - à une altitude située entre 10 et 50 km environ.

La prévisibilité dans la stratosphère est nettement meilleure que dans la troposphère car les conditions atmosphériques y sont plus stables. C'est précisément pourquoi nous avons pu voir arriver ce réchauffement majeur depuis trois semaines environ. Par ailleurs, la communauté scientifique a trouvé un certain consensus sur les échanges qui se produisent de la stratosphère vers la troposphère, là où nous nous situons. Pour faire simple : un réchauffement stratosphérique est en mesure de bouleverser les conditions météorologiques de notre troposphère, avec des répercussions qui peuvent durer dans le temps.

Ci-dessous, voici une carte des températures modélisées dans la stratosphère ce lundi, réveillon de Noël. On constate deux choses marquantes. D'une part, le vortex polaire reste bien concentré entre la Scandinavie et le Groenland, avec des valeurs < -80°C. Ces températures sont "normales" pour l'altitude et le secteur à cette période de l'année. D'autre part, le réchauffement stratosphérique est dit MAJEUR au-dessus de la Russie avec +10 à +12°C au dessus de 10 km d'altitude.

D'ici la toute fin du mois, nous devrions assister à un "Displacement Event" du vortex polaire. Cela veut dire que ce dernier, à défaut d'être fragmenté, va être érodé par ses bordures et va progressivement migrer tout en perdant de la vigueur. Pour vulgariser, le vortex polaire est habituellement concentré près du pôle nord. Lors d'un réchauffement stratosphérique, il a tendance à s'affaiblir ce qui favorise sa mobilisation vers de plus basses latitudes, comme l'Europe. Cela augmente - sans garantir - le risque de vagues de froid à l'échelle du continent.  

Au sein de nos précédents articles qui évoquaient ce sujet, vous nous disions qu'un "Split Event" n'était pas à exclure. Ce dernier est caractérisé par une scission nette du vortex polaire, qui se fragmente alors en plusieurs morceaux mobilisables vers de basses latitudes. Cet événement semble moins probable à cette heure, sans être totalement écarté. Pour autant, des répercussions vers notre couche atmosphérique sont probables courant janvier. Ces dernières débutent généralement une quinzaine de jours après le début du réchauffement stratosphérique.

Certains scénarios des modèles ensemblistes commencent à opter pour le retour de conditions hivernales en janvier sur l'Europe. Nous sommes très confiants à ce sujet, comme nous vous le confions dans l'article d'hier. Pour autant, il est toujours délicat d'apprécier à l'avance la trajectoire des masses d'air froid. Si le signal est fort à l'échelle de l'Europe, il ne faut pas oublier que notre pays se situe globalement en bout de course du continent. Ci-dessous, nous vous avons mis deux scénarios modélisés aujourd'hui. L'un avec l'air froid qui pénètre bien sur notre pays. L'autre avec une vague de froid sévère qui s'arrête aux portes du pays. C'est précisément là-dessus que les prévisions devront s'affiner ces deux prochaines semaines.

Toutes les cartes sont issues du site météociel.fr

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