Prévisions & Suivi en temps réel

Première tendance pour la fin de l'année 2019

Est-il nécessaire de rappeler que la tendance météo est un exercice délicat bien différent des prévisions ? Oui nous le pensons. En effet, ce n'est pas jouer sur les mots que de différencier prévision et tendance. La prévision permet, comme cela l'indique, de prévoir la météo le plus précisément possible sur des secteurs limités. La fiabilité est généralement assez bonne jusqu'à trois jours bien que parfois des erreurs restent possibles. Au-delà de cinq jours, c'est encore difficile d'émettre des prévisions fines. Une fois ceci posé, les tendances étirent les prévisions sur une plus longue période. Ainsi, une tendance douce sur un mois entier ne veut pas dire qu'il n'y aura aucune période froide.

Cela permet d'estimer la moyenne globale sur plusieurs semaines voire mois. Le but n'est pas de dire "il va pleuvoir du 14 au 18 novembre. Le soleil briller du 19 au 27 avec du froid puis il fera chaud les trois derniers jours". L'idée est d'annonce si les températures seront globalement au-dessus ou sous les moyennes habituellement observées, de même pour les précipitations. Dans cet article, nous allons surtout analyser les mois de novembre et décembre.

Source : Copernicus

Ci-dessus, la carte démontre l'anomalie de précipitations modélisée par le modèle ECMWF pour le mois de décembre. Ainsi, on remarque en rouge, un temps plus sec sur le bassin Méditerranéen. En bleu, les pluies pourraient être plus nombreuses sur l'Atlantique débordant sur une large partie de la France. Ci-dessous, nous mettons le même type de carte du modèle UKMO pour le trimestre novembre, décembre et janvier.

Source : Met Office

Inutile d'essayer de zoomer, on vous donne le résumé : le modèle UKMO modélise la même anomalie de pluie sur une partie nord du pays avec un temps plus sec sur l'Espagne et la Méditerranée. Première hypothèse, notre région pourrait se trouver au carrefour entre un flux humide sur une partie de la France et un temps plus sec en Méditerranée. De manière globale, le temps s'annonce plus sec que la moyenne pour cette fin d'année. Cela n'exclut pas quelques épisodes pluvieux mais généralement peu nombreux.

Concernant les températures, de la même manière comparons les deux modèles UKMO et ECMWF ci-dessous. Là, encore le signal concorde entre les deux modèles.

Source : Copernicus / Met Office

Ces couleurs rose/rouge d'un côté et plutôt orange de l'autre donnent une seule et même tendance : les températures pourraient être plus douces que la moyenne. Des disparités pourront se mettre en place surtout en période anticyclonique. En effet, rappelons qu'anticyclone en hiver ne rime pas avec chaleur. Les inversions thermiques permettent la formation de gelées le matin avant une après-midi plus douce. Pour terminer cette tendance, analysons rapidement les grands centres d'action attendus pour ce début d'hiver.

Nous aurions pu débuter par là mais il nous semblait plus important de vous donner les principaux paramètres de ce début d'hiver qui tend vers la douceur et la pluie sur une grande partie du pays. Le bassin méditerranéen pourrait être plus épargné par les précipitations avec un temps potentiellement plus sec.

Source : Met Office

Que faut-il comprendre avec cette carte ? Pour simplifier, on remarque une tache verte/bleue près du Groenland et de l'Islande. Cela correspond à une anomalie négative de géopotentiels sur les mois de novembre, décembre et janvier (contexte plutôt dépressionnaire). La France est en orange. Cela correspond, à l'inverse, à une anomalie positive (contexte plutôt anticyclonique). La conclusion est simple et sans surprise : les perturbations pourront être assez nombreuses sur l'Atlantique notamment la moitié Nord. Ces dégradations défileront sur la Grande-Bretagne et une partie de la France.

La boucle est bouclée. Au final, la moyenne ces prochains mois tend vers un flux d'Ouest à Sud-Ouest sur notre pays. Cela est synonyme d'un temps plutôt sec et doux sur notre région. Nous le rappelons pour terminer cet article que cela ne veut pas dire qu'une période froide et/ou humide est exclue. Cela annonce plutôt que ces périodes humides et froides pourront être plus rares et plus courtes que les périodes douces et sèches. Enfin, pour conclure, tout cela reste à prendre avec des pincettes et suffisamment de recul.

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