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Possible réchauffement stratosphérique majeur fin décembre : quelles conséquences ?

Alors que nous vivons un début d'hiver assez doux, comme ce fut le cas quasiment tous les ans durant la dernière décennie, voilà plusieurs jours que nous vous évoquons la survenue d'un réchauffement stratosphérique pour la fin décembre. Un premier article avait été rédigé par nos prévisionnistes le 6 décembre 2018. Ce dernier évoquait prudemment le possible événement pour la fin décembre.

Quelques jours après, le 13 décembre 2018, nous confirmions la mise en place d'un puissant réchauffement en stratosphère tout en évoquant un probable "displacement event" - en opposition au "split event" observé en Février 2018. Afin de vulgariser : le premier terme veut dire que le vortex polaire se déplace, poussé par l'air chaud qui afflue à haute altitude. Le deuxième terme témoigne d'une destructuration du vortex polaire, qui se sépare en au moins deux parties

Ci-dessus, voici une carte des températures observées actuellement en stratosphère. Avant d'aller plus loin, précisons quelques termes. La stratosphère est la couche de l'atmosphère qui se situe au dessus de la couche dans laquelle nous vivons : la troposphère. La stratosphère a eu une altitude qui varie entre 12 et 50 km en moyenne. En bref, lorsque nous vous parlons des températures attendues en stratosphère, il faut s'imaginer qu'elles sont prévues à très haute altitude. Les scientifiques ont démontré ces dernières années qu'il y a des échanges entre la stratosphère et la troposphère. 

Généralement, lorsqu'un puissant réchauffement stratosphérique intervient, des répercussions sont observées dans la troposphère dans les dix à quinze jours qui suivent et se maintiennent parfois très durablement. C'est précisément ce que nous allons surveiller pour Janvier 2019. Actuellement, le vortex polaire est bien concentré en stratosphère avec des valeurs de -70 à -80°C de la Scandinavie à la Russie. Ci-dessous, voici l'évolution d'ici dimanche prochain : 


Nous pouvons constater la mise en place d'un réchauffement stratosphérique potentiellement majeur sur l'Est de la Russie, avec des températures redevenant largement positives à plus de 10 km d'altitude. A ce moment-là, nous pouvons parler de "displacement event" car on peut constater que le vortex polaire, toujours concentré, se décale progressivement du Nord de la Grande-Bretagne au Groenland, sans scission. Grande probabilité d'occurrence de cette première phase.

Par la suite, pour la toute fin décembre/début janvier, nous pourrions assister à une deuxième phase du réchauffement stratosphérique. Ci-dessous, le modèle GFS montre bien la scission du vortex en deux blocs très affaiblis, l'un sur la Russie occidentale, l'autre sur l'Est des États-Unis. Nous pourrions alors assister à un réchauffement stratosphérique majeur, avec split-event (scission et fragmentation du vortex). Les conséquences restent à définir mais nous pouvons objectivement nous attendre à une vague de froid significative sur l'Europe en janvier. A préciser prochainement.

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