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Peut-on se réjouir de cette météo printanière ?

Avant de mieux analyser la situation, mettons quelques guillemets au titre de cet article. En effet, le ressenti est globalement printanier ces derniers jours et devraient l'être de manière générale la semaine prochaine. Toutefois, il y a quelques contradictions. Premièrement, cette absence de flux permet à l'humidité d'être présente sous la forme d'entrées maritimes. Sans soleil, les températures restent douces mais l'impression de beau temps n'est pas là. C'est le cas ce dimanche et ça pourrait l'être ces prochains jours par endroits et notamment les matinées.

Il y a un autre point important. Les gelées sont bien présentes sur les secteurs dégagés et sans vent. Ce froid matinal permet de limiter la casse face aux maximales très douces. Ce n'était pas le cas ce dimanche matin en raison des entrées maritimes mais hier, les gelées ont été parfois fortes. Dans le même temps, la température minimale était de 3,9°C au sommet de l'Aigoual.

Carte des températures minimales

Carte : Infoclimat

Comme expliqué dans un précédent article, après une légère faiblesse ce lundi (sans conséquence), les hautes pressions vont de nouveau regonfler la semaine prochaine. En effet, depuis maintenant quelques temps, la situation reste figée sur l'Europe. Les dépressions sont nombreuses sur l'Atlantique. Elles font remonter une dorsale anticyclonique qui ne cesse de se reconstituer. Toutefois, le cœur anticyclonique a souvent tendance à remonter vers l'Europe du Nord. Alors qu'en altitude, la dorsale s'élève depuis l'Afrique du Nord, au sol, le flux directeur est souvent orienté au Sud-Est voire Est.

Cela explique les températures contrastées entre les gelées matinales et les maximales très douces. Le constat est tout de même là, les après-midis ensoleillées sont douces voire chaudes au soleil. Les écharpes et bonnets laissent la place aux t-shirts et petites vestes. Il est vrai qu'au premier abord, nous avons tendance à nous réjouir de ce soleil agréable car "nous sommes dans le Sud". Les barbecues sont de sortie, les randonneurs et cyclistes sont de sortie et les villes côtières se remplissent en plein mois de février.

Source : Instagram barisano.palavas

Pas de catastrophisme, ces journées sous la douceur et le soleil n'est pas exceptionnel. Cela est déjà arrivé par le passé bien entendu. Ce n'est ni la première ni la dernière fois que l'on pourra se promener sur nos plages en plein mois de février. En revanche, cette douceur est de plus en plus marquée et de plus en plus récurrente. Si le réchauffement nous inquiète l'été avec ses canicules de plus plus difficilement supportables, la douceur hivernale est plus facile à accepter et parait moins préoccupante au premier regard. Le constat est pourtant là.

Outre la douceur, un autre élément est à prendre en compte : les précipitations. Fort heureusement, l'année 2018 a été exceptionnellement pluvieuse dans notre région et cela a permis de faire des réserves. L'absence de pluie actuelle n'est, pour l'instant, pas préoccupante pour nos nappes phréatiques qui restent à des niveaux assez élevées. Ce n'est pas le cas sur la majorité de la France qui souffre d'une sécheresse plus marquée. Ci-dessous, la carte représente l'état des nappes au 1er janvier 2019. Il faut savoir que les précipitations sont restées assez déficitaires depuis cette date, excepté dans le Sud-Ouest du pays.

Source : BRGM

Pour conclure, même si les informations parlent de "très belles journées douces et ensoleillées", même si l'impression de beau temps est agréable pour sortir de chez soi en plein hiver, même si les économies de chauffage sont importantes, même si avoir un peu chaud en février est plus supportable qu'un 40°C en plein été, le constat est que la douceur gagne du terrain chaque année et que nous ne pouvons nous réjouir de cela.

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