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Peut-on espérer la neige dans le Sud ?

Laura Leleu pour Météo-Languedoc

Grande question que nombreux se posent ces derniers jours. Il est vrai que la pression monte lentement mais surement. En premier lieu, nous précisons que le titre de l'article est tourné vers un "espoir" de neige mais il est naturel qu'une partie d'entre vous espère bien le contraire. Peu importe de quel côté est l'espoir, l'analyse reste intéressante et la question mérite d'être posée. Celle-ci se pose chaque hiver. Autant, elle peut paraitre futile lors de saisons particulièrement douces, autant il est plus normal de la considérer lors de "vrais" hivers. Après un mois de décembre doux, l'année 2019 nous rappelle que l'hiver existe encore dans notre région.
 

Températures de saison, voire sous les moyennes, mistral et tramontane nous donnent bien un ressenti hivernal. Certaines valeurs remarquables comme la douceur de ce lundi viennent contrebalancer ce constat mais globalement, nous pouvons estimer que l'hiver s'est bien installé pour cette première partie de janvier, excepté près des Pyrénées où le vent a souvent maintenu des températures douces.

Source : NOAA

Revenons à la question qui nous intéresse : peut-on avoir de la neige en prévision pour ce début d'année 2019 ? Bien évidemment, on ne peut pas vous dire "oui il va neiger le 17 février à 8h52". La réponse est peut-être plus complexe, plus honnête mais intéressante. Nous l'avons vu fin février 2018, la neige est bien possible en méditerranée et même en grande quantité. Pour celles et ceux qui souhaitent se replonger dans cet épisode, nous vous invitons à consulter notre retour d'expérience en cliquant ici. Le fameux "Moscou-Paris" était en place et était conjugué à des remontées humides en provenance de la mer. Tous les paramètres étaient donc au vert pour la neige. La situation s'annonce différente fin janvier mais elle pourrait nous réserver des surprises.

Dans un premier temps, la probabilité d'avoir un Moscou-Paris est assez faible. Ce contexte particulier n'est pas exclu dans le long terme mais le changement de temps attendu après le 20 janvier est différent. Le froid attendu devrait avoir une composante plus maritime et donc moins accentué qu'un froid continental. Le risque de précipitations est donc plus important mais le froid plus limité. Toutefois, pas besoin d'un froid glacial pour de la neige.

Source : Météociel

Alors que l'on observe des divergences dans les différents scénarios des différents modèles, les moyennes du modèle CEP (à gauche) et GEFS (à droite) sont assez similaires. On observe un anticyclone en retrait positionné sur les Açores. Les basses pressions s'enfonceraient sur notre pays en flux de Nord à Nord-Ouest. Dans ces conditions, la probabilité d'avoir de la neige en plaine sur la France est importante mais pas de manière généralisée. Ce type de flux n'est pas le plus favorable pour la neige dans notre région. Ainsi, le risque d'avoir un épisode similaire à celui de février 2018 est à l'heure actuelle faible et n'est pas l'option retenue. Ce n'est pas pour autant que l'on peut abandonner l'idée neigeuse.

La mécanique devra être parfaite pour espérer voir l'or blanc. L'air froid devra être positionné sur notre région avant la mise en place de courant perturbé. Ainsi, les précipitations arriveraient dans un contexte froid. Il faudra surveiller le redoux qui pourrait accompagner la dégradation. Un flux trop humide serait trop doux tandis qu'un flux plus froid serait plus sec.

Pour conclure, le changement de temps se confirme après le 20 janvier. Notre pays ne devrait pas y échapper. Les probabilités d'un flux d'Est continental sont faibles et nous privilégions actuellement un flux de Nord à Nord-Ouest frais mais sans extrême. Ce dernier pourrait être également humide en lien avec le creusement de dépressions méditerranéennes. Il faudrait alors le juste milieu entre air froid et humidité pour que la neige tombe sur notre région.

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