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Février 2020 : vers une fin d'hiver exceptionnellement douce en Europe ?

N'en déplaise aux climato-sceptiques, ce début février 2020 est exceptionnellement doux sur une grande partie de l'Europe. Plusieurs records mensuels ont été battus ces derniers jours, dont la minimale de 14.2°C relevée hier le 3 février à Nîmes-Courbessac : la plus élevée observée depuis que l'on fait des relevés météorologiques sur cette station (plus de 100 ans) en février. On souligne également les 25°C dépassés sur de nombreuses stations de l'Ouest du Languedoc et du Roussillon.

Ce n'est pas la première fois que de telles températures sont approchées : en février 1933, il avait fait 26.5°C à Perpignan ! Toutefois, les coups de grande douceur sont de plus en plus fréquents et les vagues de froid le sont de moins en moins. A configuration météorologique égale, il fait plus chaud qu'avant. Ces constats se basent sur 100 à 150 ans de relevés météorologiques. Il est évidemment que la planète a déjà connu par le passé des réchauffements et des refroidissements... mais nous vivons dans notre temps. Températures maximales observées hier sur la France (carte : Infoclimat) : 

 Les projections pour les semaines à venir sont assez unanimes : l'intégralité de l'Europe semble se diriger vers un mois de février historiquement doux ! Qu'il s'agisse du modèle saisonnier CFS ou de CEP, ils s'accordent vers la poursuite de conditions durablement anticycloniques sur notre continent. Le flux zonal dépressionnaire serait haut perché sur l'Atlantique, circulant entre le Groenland et l'Irlande.

Concernant l'anomalie thermique, elle resterait voisine de +7 à +8°C sur la Russie, +4 à +5°C sur la Scandinavie, +3 à +4°C sur l'Allemagne et la Suisse, +1 à +2°C sur la France et l'Espagne. Les modèles déterministes corroborent cette tendance et tendent même à l'amplifier avec un flux d'Ouest/Sud-Ouest le plus souvent anticyclonique. Cela laisse sous-entendre un risque de foehn sur notre pays avec des périodes très douces. La probabilité de dépasser les 25°C au cours du mois de février est significative près du Languedoc, du Roussillon ou encore de la région Midi-Pyrénées à l'Aquitaine. 

 Quant au risque de vague de froid ? Il est impossible de répondre catégoriquement à la question mais au regard des dernières modélisations, la probabilité d'en observer une en Europe est faible (< 20%) pour ne pas dire très faible au niveau de la France (< 10%). On note pour la fin février un petit signal qui apparaît sur les modèles saisonniers : une anomalie dépressionnaire pourrait se constituer près du proche Atlantique.

Cela laissera sous-entendre un risque d'épisode pluvieux sur les régions méditerranéennes et peut-être de bonnes chutes de neige en altitude (à définit d'ici là). Concernant le mois de mars, la tendance est similaire... peut-être davantage d'humidité qu'en février mais toujours des températures au-dessus des normes.

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