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Faut-il croire aux prévisions saisonnières ?

Source : Météo-France

Vaste question qui ne peut se répondre simplement par oui ou par non. Regardons tout d'abord la carte ci-dessus qui illustre l'article. Il s'agit de la tendance pour le trimestre février/mars/avril réalisée par Météo-France. La tendance à la chaleur est très nette. Météo-France parle d'une "unanimité remarquable" avec des conditions anticycloniques assez chaudes prévues de manière générale avec un contexte dépressionnaire bloquée vers l'Islande. En bref, notre période hivernale douce pourrait très probablement jouer les prolongations en se transformant en un printemps chaud et assez sec.

Mais pourquoi beaucoup de personne ne croient pas à ses prévisions long terme ? Premier élément de réponse : la prévision saisonnière est en développement. Elle ne cesse de s'améliorer d'année en année avec des modèles de plus en plus performants. Il est vrai que sa fiabilité, encore limitée, était très mauvaise il y a encore peu de temps. Il y a surtout une raison qui met souvent en cause - à tort - les tendances long terme.

Ci-dessus, il s'agit d'une impression d'écran de notre article (toujours disponible ici) datant du 27 décembre 2019. Celui-ci donne une tendance assez nette vers un hiver remarquablement doux à l'échelle de l'Europe. L'anomalie douce est importante en se rapprochant de la Scandinavie et de la Russie mais la France est également concernée. Conclusion provisoire mais certainement définitive : l'hiver a été exceptionnellement doux et les anomalie de températures relevées depuis le début de l'hiver correspondent à celles prévues par le modèle saisonnier.

Nous pouvons le dire, la tendance était fiable et bonne. En soit, pas de fleur à se jeter, la majorité des météorologues ne pouvaient être qu'en accord en analysant des modèles saisonniers tournés vers la douceur perpétuelle. Il était difficile de trouver ce grain de sable tant attendu. Et c'est là, la limite des prévisions saisonnières. Il faut comprendre qu'on ne réalise pas des tendances sur 2 ou 3 mois comme on réalise des prévisions sur 2 ou 3 jours. Les commentaires du style "ils savent pas prévoir la météo à 3 jours alors sur 3 mois ..." ne veulent rien dire. Nous n'analysons pas la moindre averse ou la moindre éclaircie. Nous cherchons à connaitre le placement des grands centres d'actions (anticyclone, système dépressionnaire) qui vont influencer notre météo sur plusieurs semaines.

Source : Météociel

Exemple ci-dessus, la moyenne des scénarios autour du 24 février modélisent un puissant anticyclone entre Espagne et France. Ainsi, nous pouvons dire que la tendance pour les derniers jours de février devrait être sèche et douce à l'échelle de la France car les hautes pressions nous protégeront des perturbations. Avec l'ensoleillement et un vent plutôt faible, les températures pourront grimper. Il s'agit d'une tendance générale. Cela ne veut pas dire que dans la dernière semaine de février, une perturbation atténuée apporte plus de nuages ou que le mistral se lève en vallée-du-Rhône limitant la hausse des températures. Ces détails n'auront aucune influence sur la moyenne qui restera anticyclonique.

Pour conclure, les tendances saisonnières ne cessent de s'améliorer d'année en année. Il faut savoir qu'elles sont plus fiables en saisons hivernales et estivales. Au printemps et en automne, les changements de temps importants au cœur même d'une saison sont difficiles à déterminer sur des tendances qui lissent la prévision. La fiabilité est alors plus limitée. Quoiqu'il arrive, le plus important est de prendre suffisamment de recul. Lire une tendance sèche et douce sur 1 mois ne signifie pas qu'il fera sec et doux pendant 30 jours. Avoir 2 jours de pluie et 4 jours de froid ne remettront pas en cause cette tendance.

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