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Bilan provisoire de l'hiver 2019/2020 : est-il si exceptionnel ?

Non l'hiver n'est pas fini mais a-t-il vraiment commencé ? Petite information complémentaire, l'hiver météorologique se termine le 29 février. Cela nous laisse 19 jours pour avoir un semblant d'hiver. Les tendances ne laissent que peu d'espoir pour les hivernophiles. On peut l'entendre de partout, la douceur est maître mot de notre hiver. La neige se fait rare pour les moyennes montagnes et certains records de douceur sont tombés en tout début de mois. Peut-on associer cette douceur au réchauffement climatique ? Comment pouvons-nous expliquer cette douceur ? Cet hiver est-il si exceptionnel ?

Commençons donc par décembre 2019. Ce dernier fut dominé par la douceur sur l'ensemble du pays. Il s'agit du 4e mois de décembre le plus doux depuis le début des relevés. Dans notre région, on notera un record de température mensuel à Leucate avec 21,3°C le 24 décembre battant les 21,1°C du 11 décembre 1997 (données Météo-France).

Source : Météo-France

Cette douceur présente sur notre pays a concerné l'ensemble de l'Europe avec des anomalies parfois plus marquées sur l'Europe de l'Est. Passons maintenant à janvier 2020. Vous vous souvenez certainement de l'événement météorologique qui a marqué ce mois de janvier. Du 20 au 23 janvier, un épisode méditerranéen pluvio-neigeux a apporté des pluies diluviennes sur le Roussillon et d'abondantes chutes de neige sur les reliefs des Pyrénées. Cela a entraîné des crues majeures de l'Agly et de l'Aude amont. Pour autant, ce phénomène reste ponctuel (3 jours) et localisé à deux départements.

 Si l'on s'intéresse à la climatologie du mois, le bilan est assez similaire à décembre avec une douceur généralisée à la France, moins marquée près des Pyrénées, des Alpes ou encore sur les reliefs Corses. Malgré cet épisode pluvieux, la pluviométrie reste déficitaire à l'échelle du pays. On notera également que le soleil méditerranéen était plus absent que d'habitude dans le Sud ce qui donne un ressenti finalement peu agréable malgré cette douceur bien présente.

Source : Météo-France

Nous sommes donc face à deux mois doux à l'échelle de la France. Ce constat est également valable pour l'ensemble de l'Europe et a tendance à s'accroître vers l'Europe de l'Est et la Scandinavie où la douceur était encore plus remarquable. Nous sommes qu'au premier tiers de février mais nous pouvons déjà enregistrer des records qui sont tombés les premiers jours du mois. On notera des records de chaleur avec 26.4°C à Fréjus battant très largement le précédent record de 23°C datant du 23 février 1990. Outre cette différence de plus de 3 degrés avec le précédent record, celui-ci datait de la fin du mois alors que le tout dernier date du 3 février.

Vu au rythme où part février, ce mois sera très certainement bien au-dessus des moyennes de saison. Le bilan sera fait début mars mais cet hiver météorologique s'annonce remarquablement doux. Ces trois dernières semaines pourront déterminer l'ampleur de cette douceur. La neige en plaine dans nos régions n'est qu'un mirage qui ne nous a donné aucun espoir cette année. Mais à quoi doit-on cet hiver doux ? Première élément de réponse : le zonal. Le régime dit "NAO+" explique cette douceur sur le pays mais aussi la récurrence des tempêtes sur le nord de la France. 

Source : CERFACS

Ce régime de temps est déterminé par un anticyclone souvent présent sur les Açores et débordant souvent sur le Méditerranée. Dans le même temps, les dépressions sont nombreuses sur le Nord de l'Atlantique et sont poussées sur le Nord de l'Europe par un puissant jet stream Océanique. Ce type de configuration s'est déjà produite dans le passé et a déjà produit des hivers doux et parfois tempétueux. C'est donc le principal élément de réponse sur notre hiver doux. Toutefois, le deuxième élément de réponse est bien le réchauffement climatique. Ce que nous observons, c'est qu'à situation identique avec les anticyclones et dépressions positionnés de la même manière, il fait plus doux en 2020 qu'il y a 30 ou 40 ans. C'est un fait.

Ainsi, une situation apportant un hiver relativement doux il y a 40 ans nous donne un hiver remarquablement doux aujourd'hui. Avec les données de décembre et janvier, notre hiver se classe 2e hiver le plus doux depuis le début des relevés (1900) alors que ce flux Océanique n'est pas nouveau sur notre pays. Allons nous le "payer" par la suite ? Difficile de le dire dans un sens comme dans l'autre. Nous ne sommes jamais à l'abri d'un épiphénomène temporaire et localisé mais les tendances persistent sur de la douceur pour cette fin février tout en se poursuivant sur mars.

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