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LA CATASTROPHE DE NÎMES EN 1988

RÉSUMÉ        


Dans la nuit du 2 au 3 octobre 1988, un système orageux de type rétrograde (orage qui se régénère constamment) est venu stationner sur la ville de Nîmes et sa périphérie. Les intensités pluviométriques associées furent diluviennes. Les plus fortes précipitations se sont localisées sur le nord de l'agglomération, à proximité du Mas de Vacquerolles, du Mas de Ponge et du Mas de Cabanes. Conformément aux inondations de l'automne dernier (2014), les plus fortes lames d'eau sont initiées sur les collines. Il semble que ces dernières jouent un rôle prépondérant dans l'organisation des orages, ainsi que dans leur pérennisation, de part les ascendances qu'elles induisent : le vent de sud bute contre ces petits reliefs et crée des mouvements ascendants qui permettent aux orages de perdurer. Les  cumuls de pluies en 12 heures sont exceptionnels : 420 mm au Mas de Ponge (en prenant en compte que le pluviomètre a débordé), dont 220 mm en 3h30. Conséquemment, les cadereaux de la ville ont connu des crues éclairs d'ampleur catastrophique. Ce sont de véritables torrents qui ont ravagé les rues de Nîmes. Les voitures furent emportées, plusieurs mètres d'eau et de boue déboulèrent dans les rues piétonnes de la ville...  Le niveau d'eau a atteint 1,8 m à différents arcs du Viaduc du pont Talabot, 2,4 m d'eau au carrefour de la route d'Arles et de l'avenue Roosevelt. Les dommages ont été colossaux : on dénombre un bilan humain de 11 morts, dont deux secouristes. Plusieurs personnes sont portées disparues. Les dommages sont estimés à près de 600 millions d'euros. 45 000 personnes sont sinistrées, dans approximativement 70 communes. S'en suivront des rumeurs sur le nombre de victimes. En effet, de nombreux Nîmois pensent que le bilan est plus lourd et que les services de secours cachent certains décès... L'heure est alors à la solidarité, les Nîmois n'ont cessé de s'entraider dans les semaines qui suivirent.


PHOTOGRAPHIES 


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© Thibaut Yellowstoner

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© Thibaut Yellowstoner

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© Thibaut Yellowstoner

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© Nemausensis

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© Ville de Nîmes 

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© Ville de Nîmes 

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© Ville de Nîmes 

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© Ville de Nîmes 

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CUMULS DE PRÉCIPITATIONS

Quelques jours après cet épisode, les cartographes de Météo-France ont cartographié les cumuls totaux observés entre le 2 Octobre et le 3 Octobre (24h glissantes). Cette cartographie a été reprise il y a quelques années et intégrée à la base de donnée "pluies extrêmes". On peut constater que les plus fortes lames d'eau s'étirent du Vidourle au bassin Nîmois jusqu'au bassin médian du Gardon, dans le secteur de Remoulins. Sur ces zones, les pluviomètres ont relevé 150 à 200 mm de façon générale, mais parfois 200 à 400 mm, voire un peu plus, à proximité de Nîmes. A noter l'hétérogénéité des lames d'eau : Nîmes-Courbessac enregistre un cumul de 266 mm contre "seulement" 33 mm à la station de Nîmes-Garons. 


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CONTEXTE MÉTÉOROLOGIQUE

Le contexte météorologique de ce terrible épisode diluvien était particulièrement difficile à anticiper. En effet, une goutte froide en altitude (dépression très faiblement dynamique) s'est positionnée sur l'Ouest de la France dans la nuit du 2 au 3 Octobre 1988. Sur les régions méditerranéennes, la pression est restée anticyclonique, mais le flux s'est rapidement redressé au secteur sud, au niveau du sol notamment. Ce flux de sud s'est montré particulièrement chaud et humide dans les basses-couches de l'atmosphère, tandis qu'en altitude, de nombreuses advections d'air froid circulaient au dessus de la région (voir carte 2). Le gradient de température fut à l'origine d'une instabilité extrême pour la saison. Ajoutons à cela que le flux était particulièrement peu rapide en vitesse, mais très cisaillé en direction. Ces conditions sont à l'origine de l'orage rétrograde qui a profondément meurtri la ville de Nîmes et ses alentours. 


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Carte 1 : Géopotentiels et Pressions au sol, réanalyse NCEP, source Météociel

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Carte 2 : Températures et flux à 850 hPa (1500 m environ), réanalyse NCEP source Météociel




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