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L'EPISODE MÉDITERRANÉEN DU 6 AU 8 SEPTEMBRE 2005

(C) Ville d'Aubord

RÉSUMÉ     

Les 6 et 8 septembre 2005, deux épisodes orageux diluviens touchent les départements de l'Hérault et du Gard. Le premier évènement se montre particulièrement violent avec 230 mm à Nîmes (dont 100 mm en environ une heure) et près de 250 mm à Montpellier. De façon générale, les pluviomètres de Météo-France relèvent plus de 200 mm sur le triangle Montpellier - Nîmes - Alès durant la journée du 6 septembre. Ces fortes pluies génèrent de graves inondations, le Lez à Montpellier connaît une crue vicennale (période de retour de 20 ans). Les dégâts sur la voirie sont importants et de nombreux axes routiers se retrouvent paralysés par des coulées de boue. A peine 48h après cet orage, un nouveau système orageux se déclenche le 8 septembre. Malgré une vigilance météorologique rétrogradée au niveau orange, en raison de cumuls prévus inférieurs à 300 mm, les inondations sont cette fois nettement plus gravissimes. Il tombe à nouveau plus de 200 mm dans la région Nîmoise, parfois plus de 250 mm entre les Costières, la Vaunage et la Camargue. Cette fois, le Vidourle et le Vistre connaissent une crue très importante et brutale, de nombreux villages se retrouvent inondés par près d'un mètre d'eau boueuse. Par miracle, aucune victime n'est à déplorer mais le bilan matériel est très lourd : 17 millions d'euros dont 11.5 millions d'euros pour la réhabilitation du réseau routier, 1.2 millions pour les réseaux d'eau potable, 1.2 millions pour les bâtiments communaux, 1.5 millions pour les digues. Ce ne sont pas moins d'une centaine d'entreprises qui sont sinistrées, dont une quarantaine artisanales. 

LAMES D'EAU CUMULÉES SUR LES DEUX ÉPISODES

Au total, les lames d'eau cumulées durant les orages du 6 et du 8 Septembre 2005 sont très importantes ! Bien souvent, elles atteignent au moins 200 à 300 mm, comme par exemple sur le bassin versant de l'Orb et le haut bassin du fleuve Hérault. Entre Montpellier et Alès, elles titillent plutôt les 400 mm, localement un peu, ce qui corrobore la mise en charge très brutale des différents cours d'eau de ce secteur au paroxysme des épisodes. Enfin, dans la région Nîmoise, il est tombé entre 400 et 600 mm sur les deux épisodes, ce qui correspond à 6 à 10 mois de précipitations en quelques heures seulement. Là encore, nous n'avons pas de mal à nous imaginer la violence et la brutalité des crues. 

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© Météo-France 

PHOTOGRAPHIES 


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 © Agence France Presse 

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© France 2 

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© France 2  - Boulevard Sergent Triaire Nîmes 


REPORTAGE TELEVISE DE FRANCE 2 




IMAGERIE RADAR DURANT L'ÉPISODE

Contrairement aux dramatiques inondations de Septembre 2002, les épisodes des 6 et 8 septembre 2005 ont présenté des intensités de précipitation relativement fortes mais parfois entrecoupées d'accalmies. Les cumuls très élevés qui ont été relevés n'émanent pas seulement de réfléctivités pluviométriques incroyables, mais davantage du fait que les averses, souvent fortes, ont persisté dans le temps. La plupart du temps, les intensités horaires sont montées jusqu'à 30 ou 40 mm/h, très ponctuellement jusqu'à une centaine de mm/h. Nîmes-Garons relève par exemple 163 mm le 6, dont 63 mm entre 17 et 18h. Les autres lames d'eau sont plutôt comprises entre 10 et 20 mm/h. Il en est de même le 8, avec un maximum d'intensité entre 11h du matin et 16h l'après-midi : les lames d'eau atteignent alors 30 à  35 mm/h, pour un total de 196.2 mm.


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© Météo-France 

CONTEXTE MÉTÉOROLOGIQUE

L'épisode de Septembre 2005 se caractérise par une dépression positionnée entre les Îles Britanniques et le golfe de Gascogne, peu mobile. Cette dernière a piloté un flux de secteur sud-ouest en altitude, très dynamique et devenant de plus en plus chaud. Dans les basses-couches, une petite dépression s'est constituée à proximité des Baléares. Elle est remontée vers le golfe du Lion, progressivement. Inévitablement, les vents ont basculé au secteur Sud-Est au niveau sol et se sont chargés en humidité en passant au dessus de la Méditerranée. Ainsi, la masse d'air est devenue instable et s'est couplée à des forçages atmosphériques suffisamment vigoureux pour supporter la mise en place d'un orage stationnaire. Ce type de configuration est le cas typique que l'on observe lors des épisodes méditerranéens en Languedoc. 

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