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Tuto météo : l'épisode méditerranéen

Très souvent, les dégradations orageuses concernant l'arc méditerranéen sont appelées "épisodes cévenols". Au final, cette expression s'associe aux orages violents et diluviens provoquant souvent des inondations. Nous avons déjà expliqué le fonctionnement d'un épisode cévenol dans un précédent article (cliquez ici). Il est important de comprendre qu'un épisode pluvio-orageux touchant Nîmes, Montpellier ou même la PACA ne peut être assimilé à un épisode cévenol. Dans ce cas, on parle d'épisode méditerranéen. Explications.

Contexte météorologique

Alors que l'épisode cévenol touche les Cévennes, l'épisode méditerranéen concerne... l'arc méditerranéen ! Cela peut paraitre logique mais combien de fois de nombreux médias emploient le terme d'épisode cévenol pour un événement survenu à Perpignan ou à Nice.

Sur le plan synoptique, les épisodes méditerranéens ont rigoureusement les mêmes conditions de formation qu'un épisode cévenol. L'air chaud et humide est amené par le vent marin. Dans le même temps, de l'air plus frais est présent en altitude. Le contraste de masse d'air favorise la convection et la formation d'orages. Ci-dessous, le contexte du 3 octobre 1988 lors des inondations à Nîmes :

Source : Météociel

Remarquons qu'en général et même si cela n'est pas vérifié à chaque dégradation, le resserrement isobarique lié au dipôle de pression est plus lâche lors d'épisodes méditerranéens. Plus simplement, cela signifie que globalement le vent marin est moins puissant. C'est justement à méso-échelle que la différence se fait entre ces deux types de phénomènes.

Contexte de méso-échelle :  la constitution d'un dôme d'air froid

Lors d'un épisode méditerranéen, ce sont les littoraux et les plaines qui sont les plus concernés par les orages. De façon générale, les Cévennes restent à l'écart de l'activité principale. Alors comment les orages se forment-il sans l'aide des Cévennes ? La réponse se tient dans la constitution d'un dôme d'air froid en altitude.

L'orage précipite dans une couche non saturée en humidité. De ce fait, la pluie s'évapore avant de toucher le sol. Cette évaporation va créer une bulle d'air froid. L'air doux et humide va alors butter sur cette bulle et va s'élever dans l'orage. L'orage crée lui-même ses propres conditions lui permettant de se maintenir plusieurs heures sans s'affaiblir. Ce type de phénomène peut se constituer dans les plaines du Languedoc, du Roussillon mais aussi en PACA ou en Corse.

Autre différence concernant l'épisode méditerranéen, le marin est moins puissant que lors d'un épisode cévenol. Le vent n'emporte pas les nuages jusque sur les Cévennes. Le flux s'arrête dans l'intérieur des terres pour former une convergence de basses couches. Ainsi, l'orage se développe au niveau de cette convergence. Quelques exemples d'épisodes Méditerranéens : 3 octobre 1988 à Nîmes, 6 et 8 septembre 2005 à Montpellier et Nîmes, 15 juin 2010 dans le Var, 3 octobre 2015 à Cannes. 

Pour résumer, les épisodes cévenols et méditerranéens ont en commun leur force et leur puissance à générer des inondations parfois dramatiques. Cependant, il est nécessaire de les distinguer, de mieux les comprendre pour mieux les appréhender. Ci-dessous un résumé comparant l'épisode cévenol et l'épisode méditerranéen où l'on aperçoit clairement la différence de puissance du vent marin.

Vous êtes nombreuses et nombreux à nous poser la question : doit-on redouter des épisodes intenses durant la saison automnale à venir ? Au risque de vous décevoir, il est totalement impossible de répondre à cette question. Au delà d'un délais de huit à dix jours, sur une échelle de prévision large (Europe, voire hémisphère), la prévisibilité est mauvaise et hasardeuse. 

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