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Tuto météo : l'épisode cévenol

© Philippe Nicolas

"Épisode cévenol", qui d'entre nous n'a jamais entendu ce terme reprise maintes fois et souvent à tort ? Effectivement, au moindre orages se déroulant entre septembre et décembre quelques part sur le Roussillon, le Languedoc ou même parfois la PACA, de nombreux médias emploient cette appellation. Pourtant, il est important de comprendre le fonctionnement des épisodes cévenols afin de mieux les anticiper mais surtout s'en protéger. Explications.

L'épisode cévenol touche ... les Cévennes !

Qui l'aurait cru ! Cela peut paraitre basique mais c'est le principe de base pour comprendre ce phénomène car le relief des Cévennes va jouer un rôle primordial. Pour commencer, nous allons décrire la situation météorologique à l'échelle hémisphérique qui permet la mise en place de ces épisodes. Ensuite, nous étudierons les éléments dits de méso-échelle. Enfin, nous verrons quelques exemples concrets de précédents épisodes cévenols.

Talwegs ou goutte froide dynamiques

La situation "classique" se définit par un système dépressionnaire généralement situé sur le proche Atlantique entre l'Espagne, le Golfe de Gascogne jusqu'aux îles Britanniques. Celui-ci se prolonge par un vaste talweg (forme de U ou V) comme illustré ci-dessous. Cette synoptique favorise les contrastes de masse d'air avec un flux chaud et humide à l'avant de la dépression et plus frais à l'arrière.

Source : Météociel

Il s'agit ici de la situation favorable aux dégradations orageuses en tout genre sur un grand quart sud-est de la France.

Contexte de méso-échelle : rôle du vent marin et des Cévennes

Ce qui caractérise l'épisode cévenol, ce sont essentiellement les éléments régionaux qu'ils soient météorologiques ou topographiques. Retrouvez ci-dessous une animation illustrant le fonctionnement simplifié de l'épisode cévenol :

En premier lieu, on remarque le vent marin puissant amenant beaucoup d'humidité. Ce vent porte les nuages jusque sur les Cévennes où ils se retrouvent compressés. Cet air doux est forcé de s'élever en rencontrant les reliefs, on peut ainsi parler de forçage orographique. Dans le même temps, de l'air plus frais présent en altitude génère un fort contraste thermique. Par conséquent, les pluies orageuses se développent sur les Cévennes et peuvent durer tant que la situation reste bloquée. Il faut alors attendre la bascule des vents pour couper l'apport humide en provenance de la Méditerranée.

Ces fortes pluies stationnaires génèrent des ruissellements urbains et des crues sur la partie amont des cours d'eau pouvant créer des inondations parfois dévastatrices. Ces crues peuvent se propager sur les plaines en s'atténuant progressivement. Par contre, il ne pleut pas ou relativement peu sur les plaines. 

Quelques exemples d'épisodes cévenols

Le 29 septembre 1900 fait figure de référence avec près de 1000 mm en une seule journée. Nous pouvons citer l'épisode du 30 septembre 1958 avec des conséquences dramatiques (voir image ci-dessous).

Plus récemment, nous avons l'épisode d'octobre 2014. La question des 8 et 9 septembre 2002 reste ambiguë. En effet, nous serions tentés de parler d'épisode méditerranéen aux premiers regards mais il semblerait que les Cévennes aient tout de même influencées la formation des orages diluviens (partiellement, au moins). Ce jour-là, un dôme d'air froid s'est formé sous l'orage diluvien, permettant d'entretenir la convection durablement. 

Au final, les épisodes cévenols restent des phénomènes propres à notre région. Les dégradations orageuses touchant Montpellier, Nîmes ou Perpignan ne peuvent être considérées comme des épisodes cévenols mais plutôt comme des épisodes méditerranéens. Nous reviendrons très prochainement sur ce terme avec de nouvelles explications.

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