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Tendance saisonnière pour le printemps et l'été 2018 en France !

L'hiver 2018 et ce début de printemps constituent l'une des périodes les plus arrosées sur le bassin Méditerranéen depuis de très nombreuses années. La commune de Montpellier enregistre un cumul de 470 mm depuis le 1er janvier 2018. Il s'agit du début d'année le plus humide depuis le début des relevés, alors que l'été et l'automne 2017 ont été les plus secs depuis le début des relevés. Les années et saisons se suivent sans se ressembler.

Vous êtes nombreux à nous le demander : à quoi doit-on s'attendre pour la suite du printemps et l'été à venir ? Avant de répondre à cette question, nous tenons à souligner que les prévisions saisonnières sont difficiles à établir et que ces dernières sont susceptibles d'évoluer rapidement. Nous considérons une multitude d'indices atmosphériques à des échelles comme l'hémisphère ou le continent. Il est alors possible d'en déduire une tendance à l'échelle d'une région. Le résultat doit être prudemment interprété.

 Ci-dessous, retrouvez une projection du modèle saisonnier CFS concernant l'anomalie des géopotentiels à 500 hPa sur le trimestre Mai, Juin et Juillet. Pour faire simple, les hauts géopotentiels constituent souvent des zones stables et anticycloniques alors que les bas géopotentiels sont à l'inverse représentatifs des zones plus dépressionnaires et fraîches. Le modèle saisonnier est intéressant à interpréter avec un excédent de 1 à 3 DAM (épaisseur des géopotentiels) sur l'Europe Centrale ainsi que près de la Grande-Bretagne.

A contrario, on retrouve des conditions tout à fait "normales" sur le sud de la France, l'Espagne, le Portugal et le Maghreb. Ce type de configuration météorologique semble aller dans le sens d'anomalies dépressionnaires circulant régulièrement sur l'Ouest du bassin Méditerranéen, alors qu'un temps plus stable serait présent sur le nord de la France et l'Europe de l'Est. Si ce scénario se précise, il est probable que de nombreux orages concernent le bassin Méditerranéen durant ce trimestre. Bien logiquement, le modèle CFS voit un excédent pluviométrique assez marqué entre l'Espagne et le sud de la France, soit la poursuite de la récurrence actuelle. 

Concernant les températures, il est déjà plus délicat d'effectuer une tendance nette. En effet, le passage régulier d'anomalies dépressionnaires près de l'Espagne pourrait favoriser un temps assez humide, avec de ce fait un risque caniculaire nettement moins important que l'été dernier, où de nombreux records de chaleur avaient été pulvérisés. De façon générale et malgré des coups de chaleur temporairement intenses, nous devrions connaître des températures proches des moyennes saisonnières. Le modèle CFS voit une anomalie de +0.25 à +0.5°C sur le trimestre évoqué précédemment, soit nettement moins que ce que nous avions eu l'année dernière (voir carte ci-dessous).

Dès lors, nous continuons en cette mi-avril de penser que la suite du printemps et le début de l'été seront placés sous le signe de fréquents orages dont il faudra surveiller l'intensité, d'un excédent pluviométrique modéré et de températures proches des moyennes saisonnières et/ou très légèrement au dessus. La probabilité de canicule semble très limitée, aussi bien dans l'intensité que dans la durée d'un tel épisode en cas de sa survenue.

Les trois cartes ci-dessous sont issues du modèle saisonnier CFS à consulter sur le site Tropical Tidbits.

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