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Tendance météo pour l'automne : doit-on redouter des épisodes cévenols ?

Tout est dans le titre : doit-on redouter une saison automnale active sur le front des épisodes méditerranéens et cévenols ? A six semaines environ du commencement de la saison à risque, vous êtes de plus en plus nombreuses et nombreux à nous poser la question. Durant un épisode cévenol, le vent marin souffle fort des littoraux aux Cévennes en passant par les plaines. Ce vent pousse les nuages contre les reliefs où ceux-ci s'accumulent et finissent par donner des pluies continues. De plus, l'apport d'air froid en altitude favorise la convection et donc la formation d'orages fortement pluvieux. Les secteurs concernés se situent donc sur les contreforts cévenols. Toutefois, les crues qui se sont formées sur les Cévennes peuvent se propager jusqu'en plaine.


 
 Durant un épisode méditerranéen, le vent marin souffle fort en mer mais il faiblit nettement en arrivant dans les terres. Les nuages ne parviennent pas jusqu'aux Cévennes. Les pluies prennent alors naissance sur les plaines et littoraux et forment leurs propres conditions favorables aux orages stationnaires. Dans ce cas, les villes de plaines (Montpellier ou Nîmes par exemple) sont concernées alors que les Cévennes sont globalement épargnées par les phénomènes violents. Ces explications sont bien évidemment vulgarisées. Les processus météorologiques sont nettement plus complexes.

Ceci étant exposé, il apparaît que les cyclogenèses - plus communément connues sous le nom de dépression - sont nombreuses et récurrentes depuis l'hiver dernier entre le proche Atlantique et l'Espagne. Ceci nous a valu une vague de froid sévère cet hiver avec d'importantes chutes de neige, des pluies et orages très fréquents durant le printemps et un début d'été loin d'être caniculaire contrairement aux années précédentes.  

Il serait facile de penser que cette récurrence météorologique est terminée en ce moment, en raison du beau temps qui s'est installé sur notre région. Toutefois, cela n'est pas le cas. L'été, les dépressions sont naturellement moins dynamiques et les anticyclones plus solides. Ceci fait que les dépressions qui continuent d'affluer sur l'Atlantique peine à nous atteindre… oui… pour le moment du moins. Le risque est que cette situation persiste et qu'à l'approche de l'automne - au moment où les anticyclones faiblissent - les dépressions se redynamisent tout en réussissant à nous atteindre. Ce scénario, illustré par le modèle saisonnier CFS ci-dessous, est clairement redouté par nos services. 

Le modèle saisonnier insiste lourdement sur une anomalie de géopotentiels et de pression sur l'axe Grande-Bretagne - Golfe de Gascogne - Espagne - Portugal. Dans le même temps, les hautes pressions se maintiendraient sur l'Europe du centre et l'Europe de l'Est. Il s'agit ni plus ni moins du scénario le plus pessimiste en ce qui concerne le positionnement des centres d'actions. Cela induit un risque maximal d'épisodes méditerranéens et cévenols sur le bassin Méditerranéen de l'Europe (Espagne et France surtout) !

Que l'environnement météorologique soit favorable à la survenue de ce type d'épisodes ne veut pas dire que des villes comme Perpignan, Montpellier, Nîmes ou Marseille vont être inondées cet automne. Il est encore trop tôt pour savoir quelles seront les zones (méso-échelle) véritablement concernées. Aussi, gardons à l'esprit que les tendances saisonnières peuvent rapidement évoluer. Néanmoins, la dernière actualisation du modèle CFS est sans appel en ce qui concerne l'anomalie de précipitations pour le mois de septembre. Une anomalie de +40 à +80% est aujourd'hui modélisée sur notre région. Un signal fort à ne pas négliger.

Carte 1 : Météociel. Carte 2 et 3 : TropicalTidbits

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