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Rétrospective 2017 : les événements météorologiques qui ont le plus marqué en Languedoc Roussillon

29 janvier 2017 : 1.2 m de neige sur le Mont-Lozère
29 janvier 2017 : 1.2 m de neige sur le Mont-Lozère

Il y a désormais un peu plus de 3 ans que l'aventure Météo-Languedoc a débuté et vous êtes désormais près de 120 000 à nous suivre au travers de nos différents réseaux sociaux. Un grand merci à toutes et à tous. Les fêtes de fin d'année approchent. Il est donc de vous proposer une rétrospective des principaux phénomènes météorologiques ayant concerné le Languedoc Roussillon durant l'année 2017. Bien que la liste ne soit pas exhaustive, nous avons essayé de vous partager les moments les plus remarquables.

Le premier phénomène météorologique ayant marqué notre attention s'est déroulé dans la nuit du 14 au 15 janvier, avec un épisode neigeux sur les plaines intérieures du Gard. Au petit matin, les garrigues Nîmoises furent à peine saupoudrées. Dans le bassin Alésien, une couche de 4 à 8 cm a été relevée. Ci-dessous, une photo de Brigitte Leroy du côté de Saint-Martin-de-Valgalgues : 

Quelques jours après, un froid sec mais assez marqué s'installa sur la région, favorisé par de puissantes inversions thermiques. Alors que les températures étaient largement positives en montagne, des gelées intenses ont concerné les plaines. Le 18 janvier, une minimale de -11°C fut relevée au Mas-de-Londres dans l'Hérault, piégeant cette pauvre écrevisse dans la glace. De façon générale, les fortes gelées ont touché une grande partie de la région. 

Dans la continuité de l'épisode froid de la mi-janvier, un événement rarissime s'est produit entre la Lozère et le Gard du 25 au 26 janvier. Alors que la masse d'air froid était encore très présente sur notre région, une petite dépression d'altitude a traversé nos départements, terminant sa course sur la Catalogne. Dans ce contexte, des advections humides sont remontées de mer Méditerranée.

Un bref épisode neigeux s'est produit à cette occasion sur les plaines intérieures du Gard (bassin Alésien, Cèze, Rhône) ainsi qu'en Lozère. Si les quantités de neige sont restées assez faibles en plaine, cet épisode s'est montré remarquable en raison de son caractère orageux et verglaçant. Souvenez-vous... de nombreux orages se sont produits, donnant des chutes de grésil marquées en plaine. Sur la vallée du Rhône, les précipitations étaient verglaçantes, comme en atteste cette photo de Jean-Louis Pansier : 

La suite de cette aventure nous conduit au 14 février. Un épisode pluvio-orageux anormalement intense pour la saison se produit sur le Minervois. Des lames d'eau parfois supérieures à 150 mm furent observées sur des sols déjà saturés. Dans ce contexte, des inondations parfois importantes se sont produites du côté de Peyriac-Mivervois, comme en atteste cette photo de l'Indépendant : 

Le 4 mars, c'est le département de l'Aude qui connaît un épisode hivernal tardif. Au passage d'un minimum dépressionnaire, des précipitations d'abord pluvieuses se déclenchent sur le département dans la nuit du 3 au 4 mars. Avec l'aide d'une tramontane modérée permettant des phénomènes d'isothermie, la limite/pluie s'est abaissée sur une bonne partie de l'Aude, donnant des chutes de neige jusqu'en plaine près de Carcassonne. Magnifique photo de Patricia Roy à Carcassonne : 

Le 23 mars, des orages de grêle se sont développés entre le Lodévois et le Clermontais sur le département de l'Hérault, blanchissant parfois les sols. Ci-dessous, une photo représentative réalisée par Alexandre Vergnes : 

Entre la fin avril et début mai, un épisode de gel tardif concerne une bonne partie de la France. Notre région ne déroge pas à la règle : des gelées marquées ont concerné les plaines déventées du Gard, de l'Hérault, de l'Aude et des Pyrénées-Orientales. Des dégâts furent constatés sur les vignobles et les vergers, avec parfois des pertes conséquentes. Ci-dessous, une photo montrant l'utilisant de bougies du côté d'Eus dans les Pyrénées-Orientales : 

Petite pause pour nos équipes, qui ne durera pas longtemps. Une vague d'orages fortement grêligène a concerné le Gard et l'Est de l'Hérault le 15 juin 2017. Au passage des orages, des grêlons de 4 à 6 cm sont observés du côté de Lecques (30). Plus généralement, la grêle touche les quartiers Ouest de Nîmes mais également les portes de Montpellier. Les vignobles sont à nouveau meurtris. 

C'est aussi à partir de cette période que la sécheresse s'est accentuée sur la région. Tout au long de l'été, de violents incendies se sont manifestés sur toute la région. Ci-dessous, l'incendie du Boulou dans les Pyrénées-Orientales photographié par Mathilde Riou. Au total, plusieurs milliers d'hectares ont brûlé cette année.

Début août, une vague d'air exceptionnellement chaud concerne tout le bassin méditerranéen. La station de Nîmes-Courbessac, dont les relevés sont anciens (1920) relève 41.6°C sous abri normalisé. Il s'agit d'un record absolu de chaleur. Localement, des maximales de 42 à 43°C sont relevées dans l'arrière pays Languedocien.

L'automne fût malheureusement sec, sans véritable épisode méditerranéen/cévenol digne de ce nom. Globalement, la sécheresse n'a cessé de s'accroître. Toutefois, un épisode un peu plus intense a concerné la Salanque et les Corbières le 19 octobre, causant quelques inondations comme en atteste cette photo de Cédric Richard :

Cette fin d'année étant assez calme, nous ne manquerons pas de conclure cet article sur l'exceptionnelle sécheresse que connaît la région depuis maintenant plus de six mois. La ville de Nîmes, avec moins de 350 mm depuis le 1er janvier, enregistre sa plus faible pluviométrie depuis le début des relevés. De façon générale, le déficit pluviométrique sur le Gard est voisin de 50%. Entre l'Hérault, l'Aude et les Pyrénées-Orientales, le déficit est proche de 30 à 40%.

Les conséquences de cette sécheresse sont diverses : maisons fissurées, arbres et végétation en souffrance, cours d'eau asséchés... Ci-dessous, une photo du Gardon qui demeure actuellement sec en cette fin décembre. 


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