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Probables dégradations orageuses avec fortes pluies après le 5 septembre !

Il y a plusieurs mois que nous vous évoquons la probable poursuite de la récurrence qui a débuté l'hiver dernier : à savoir des hautes pressions quasiment permanentes aux hautes latitudes (proche Scandinavie) et conséquemment une ouverture de notre territoire aux dépressions venues de l'Atlantique. Cette récurrence semblait moins visible au coeur de l'été, ce qui est logique car cette période correspond naturellement au moment où les hautes pressions se généralisent sur l'Europe.

Désormais, avec l'avancement vers l'automne, ces fameuses hautes pressions affichent un retrait progressif vers l'Europe du sud-est et surtout vers l'Afrique. Sans surprise, les principaux modèles que nous utilisons confirment peu à peu cette situation, et cela à échéance moyenne, d'ici une semaine environ. En guise d'introduction, il apparaît que si les prochains jours ainsi que la rentrée s'annoncent estivaux, nous misons sur une nette accentuation du risque orageux après le 5 septembre. Ci-dessous, voici le contexte météorologique prévu pour ce week-end. Il servira de comparatif dans le reste de l'article.

Une telle dorsale anticyclonique implique un temps estival sur la moitié sud de la France au moins. Soleil et fortes chaleurs au programme. Les maximales vont atteindre 28 à 30°C en plaine sur l'arc Méditerranéen, parfois plus de 32°C sur la Nouvelle Aquitaine. De telles valeurs demeurent toutefois classiques pour la saison. Ce type de temps estival va se maintenir jusqu'au 4 ou 5 septembre environ. La rentrée scolaire et professionnelle du 3 septembre sera ainsi assez calme. Toutefois…

A compter du 5 septembre et durant une période semble-t-il assez durable, une brèche va se constituer sur l'Atlantique (voir carte ci-dessous). D'une part, l'activité dépressionnaire va se renforcer près du Groenland et de l'Islande. D'autre part, un bloc anticyclonique semble se détacher et gagner les hautes latitudes, entre le nord de la Grande-Bretagne et la Norvège, conduisant à une situation de quasi-blocage. La concomitance de ces deux événements va favoriser l'ouverture d'une zone de bas-géopotentiels jusqu'au proche Atlantique. Sur la carte ci-dessous, bloc a = zone de hauts géopotentiels. zone b = zone de bas de géopotentiels.

Si ce scénario se précise - la fiabilité à ce sujet ne cesse d'augmenter - il faut s'attendre à la mise en place d'un flux marin peu dynamique, chaud et surtout très instable sur tout le bassin Méditerranéen. Pour le moment, il n'est pas prévu de dépression très dynamique. Ceci limite la possibilité d'un épisode méditerranéen ou cévenol de grande envergure. Nous tenons à vous rassurer de ce côté là. Pour autant, l'absence d'un fort dynamisme et la très forte instabilité constituent deux paramètres favorables à des orages peu mobiles et très pluvieux. En effet, plus le dynamisme est mou, moins les orages sont mobiles. Plus l'instabilité est forte, plus les orages sont forts.

Le modèle GFS ci-dessous témoigne de ce potentiel. Avec la chaleur accumulée, les valeurs d'instabilité s'annoncent très importantes entre le 5 et le 10 septembre. La MUCAPE, qui sert à quantifier l'instabilité, pourrait dépasser les 2000 J/kg ce qui est très significatif. Paramètre d'autant plus important qu'au paroxysme de cette instabilité sont également modélisées des précipitations copieuses. En bref, il est fort à parier que les modèles à mailles larges sous-estiment très nettement les cumuls face à une telle situation. Si le scénario décrit se confirme, des orages fortement pluvieux vont probablement faire leur retour sur notre région. Nous précisons que l'emplacement des anomalies dépressionnaires jouera un rôle prépondérant dans la chronologie, la localisation, l'intensité et la répétition de ces orages. Ce sera à affiner prochainement : des incertitudes subsistent logiquement au regard de l'échéance. 

Toutes les cartes sont issues du site météociel.

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