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Mistral et tramontane : formation et occurence

Vous êtes nombreuses et nombreux à ne pas ou plus supporter ces journées ventées à répétition sur notre région. Mistral et tramontanes sont autant détestés que redoutés, notamment en période estival vis à vis du risque de feux de forêt. Comme se forme-t-il ? Quels secteurs sont les plus concernés par ces deux vents régionaux ? Le vent est-il de plus en plus présent ? Voici nos réponses et explications.

Concernant la formation du vent, nous allons simplifier les explications en revenant sur deux paramètres essentiels. Certains cas sont plus complexes mais le but de cet article est de revenir sur les généralités concernant le mistral et la tramontane. Le premier paramètre concerne la pression au sol. Il ne faut pas obligatoirement des basses pressions pour avoir beaucoup de vent, c'est surtout la différence de pression sur un territoire restreint qui génère le vent. Que ce soit pour le mistral ou pour la tramontane, il faut généralement un anticyclone sur le proche Atlantique et des basses pressions qui plongent plus à l'Est.

Carte : Météociel

Le Golfe de Gênes est réputé pour l'isolement de dépressions. Exemple concret ci-dessus avec le 8 février 2015 où la station de Nîmes-Courbessac enregistrait une rafale à 140 km/h. On remarque bien l'anticyclone sur l'Irlande et une méso-dépression près de l'Italie. Entre ces deux centres d'actions, la différence de pression est importante. Elle est schématisée par des traits blancs rapprochés (isohypses de pression).

Un autre paramètre important explique pourquoi nous observons des couloirs à vent. Nous avons la vallée-du-Rhône pour le mistral ou encore la vallée de l'Aude pour la tramontane. En effet, la topographie joue un rôle non négligeable dans la concentration des rafales de vent. Que ce soit les Pyrénées et le Massif-Central pour la tramontane où les Alpes et le Massif-Central pour le mistral, ces massifs montagneux agissent comme un entonnoir, accentuant les rafales. Nous avons résumé et cartographié ce constat :

Carte : Météo Languedoc

Attention, il s'agit ici d'un tracé assez grossier du mistral et de la tramontane / cers dans les plaines du Languedoc et du Roussillon. Certaines particularités locales ne sont pas représentées ici. Par ailleurs, le vent de Nord-Ouest peut souffler sur le Gard mais généralement celui-ci reste faible. Par ailleurs, les reliefs comme l'Aigoual par exemple, sont soumis aux fortes rafales de vent. Mistral et tramontane sont-ils plus nombreux qu'avant ? Pour avoir un début de réponse, nous vous avons illustré le top 3 des rafales de vent pour les principales stations de la région :

Source données : Météo-France

Premier constat pour notre région, la tramontane est généralement plus violente que le mistral. Il en est de même pour le nombre de jours ventés par an. Une ville comme Perpignan observe en moyenne 115 jours de vent par an (uniquement pour le vent de terre) contre 58 pour Nîmes. Ainsi, en moyenne, la tramontane souffle deux fois plus de temps à Perpignan que le mistral à Nîmes.

Certaines valeurs remarquables peuvent apporter une réponse concernant l'occurence de ces vents. En effet, en 1992 et 1993, on observe 17 jours consécutifs de tramontane (Source : Météo-France). L'organisme relève également 16 jours de mistral à Orange en décembre 1988 mais aussi en novembre 2004. Au final, aucune statistique ne prouve que le nombre de jours avec du mistral et de la tramontane est en augmentation ces dernières années. Le vent fait partie de notre climat et cela ne date pas d'hier. Outre notre situation vis à vis des dépressions s'isolant sur l'Italie, la topographie de notre pays nous garantit ces conditions souvent ventées.

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