Prévisions & Suivi en temps réel

La sécheresse continue de s'aggraver et toujours aucune pluie significative en prévision !

Kayak Vert à Collias

En cette fin d'après-midi, les thermomètres ont encore atteint des sommets sur la région, avec des valeurs comprises entre 34 et 37°C dans l'intérieur des terres. Quelques cumulus se sont développés ci et là, mais toujours aucun signe de véritable dégradation. Nos services surveillent pour la soirée et nuit de vendredi à samedi (demain) un risque d'averses orageuses principalement en Lozère et dans l'intérieur du Gard mais là encore, les averses devraient rester très localisées et ne génèreront pas d'arrosage. La sécheresse superficielle s'aggrave sur tout l'arc Méditerranéen. 


En effet, depuis le début de l'été, les précipitations ont été rares sur le Languedoc-Roussillon, la Provence Alpes Côte d'Azur et la Corse. Plus encore, les températures très élevées - avec de nombreux records absolus de chaleur - et les fréquents coups de vent n'ont pas arrangé les choses. A ce titre, le bulletin de suivi hydrologique publié par Météo-France début août est éloquent. On y retrouve notamment l'écart à la normale du cumul mensuel de précipitations pour Juillet 2017 (voir carte ci-dessous) :

Il est important de dissocier la sécheresse superficielle et la sécheresse hydrologique. La première, appellée aussi "sécheresse des sols", est caractérisée par un appauvrissement en eau des sols superficiels, entre un et deux mètres de profondeur. Elle dépend essentiellement des précipitations et de l'évapostranspiration des plantes, l'eau puisée par les racines étant évaporée au niveau des feuilles. Il y a donc de ce fait une relation entre les précipitations, l'humidité et la températures de l'air, ainsi que la nature des plantes. Cette sécheresse est surtout ressentie en période estivale. Cette année, elle concerne essentiellement l'arc Méditerranéen.

Concernant la sécheresse hydrologique, elle se caractérise essentiellement par l'abaissement du niveau des lacs, des rivières et des nappes phréatiques. Elle dépend bien évidemment des précipitations et de l'état du sol qui va influer le ruissellement et l'infiltration mais la saisonnalité des pluies est un élément essentiel. En effet, en ce mois d'août 2017, plus de 80 départements Français souffrent d'une sécheresse hydrologique parfois importante (voir carte ci-dessous Propluvia / Le monde). Pourtant, les pluies ont été régulières sur une bonne partie de la France cet été. Ceci s'explique par le fait que les précipitations entre l'automne et le printemps sont essentielles au bon rechargement des nappes, contrairement aux précipitations estivales qui ne servent qu'à humidifier les couches superficielles. 

Sur la carte ci-dessus, nous pouvons constater que l'Ouest de la France est en crise hydrologique, alors que les pluies ont été régulières tout au long de l'été. Contrairement à notre région, il n'y a pas de sécheresse superficielle là-bas mais l'absence de bonnes précipitations l'hiver dernier a conduit à cette situation de sécheresse hydrologique en cette fin d'été. Sur l'arc Méditerranéen, malgré des précipitations hivernales proches des moyennes saisonnières, il y a concomitance des deux types sécheresses sur certains secteurs. Un scénario redouté en raison du risque d'incendies qui continue de monter en puissance.

Les prévisions pour les prochains jours et plus largement jusqu'à la fin août ne sont malheureusement pas optimistes concernant le risque de pluie. En effet, les principaux modèles de prévision voient l'arc Méditerranéen rester sous l'influence des hauts-géopotentiels en position sur l'Afrique et l'Espagne. Sans parler de canicule, ce type de configuration est propice à la poursuite d'une chaleur modérée à passagèrement forte et surtout à l'absence de précipitations généralisées

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