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Fin février sous surveillance sur l'Europe : une prévision on ne peut plus délicate !

Volontairement, les prévisionnistes de Météo-Languedoc n'avaient pas rédigé de point prévision pour la fin février depuis 48h. En effet, nous vous évoquions au sein du précédent article que la prévisibilité était très incertaine. Malheureusement, à ce jour, il est toujours difficile d'y voir clair en raison de profonds bouleversements qui s'opèrent actuellement en stratosphère.

Reprenons l'explication à la base. Présentement, un réchauffement stratosphérique majeur se produit au dessus du Canada. Pour rappel, la stratosphère est la couche de l'atmosphère située entre 10 et 50 km d'altitude. La température va atteindre 0°C à cette altitude la nuit prochaine, soit des valeurs anormalement élevées. Conséquence directe : les circulations atmosphériques vont être profondément modifiées ces prochaines semaines.

Plus concrètement, nous nous interrogeons sur les conséquences de ce réchauffement stratosphérique au niveau de la tropopause, là où nous sommes directement influencés. Il apparaît qu'une première tentative de blocage anticyclonique vers les hautes latitudes va s'opérer lundi des Açores à la mer de Norvège. Nous évoquons le terme de "tentative" étant donné que cette dorsale anticyclonique ne devrait pas aboutir au blocage.

Le flux va néanmoins se courber au flux d'Est, avec un dynamisme normalement faible à l'horizon du 20 ou 21 février. Après le net redoux de cette fin de semaine, le début de semaine prochaine pourrait s'avérer dans les normes de saison. Par la suite, c'est le flou total : de nouvelles pulsions anticycloniques devraient remonter des basses latitudes vers les hautes latitudes, avec cette fois une probabilité de blocage nettement plus significative. Une question subsiste : où se situera le blocage et quelle sera sa capacité à drainer de l'air froid sur l'Europe ? Ci-dessous, retrouvez deux modèles à la même échéance qui montrent combien la prévisibilité est médiocre : 

Alors que le modèle UKMO à gauche voit une vague de froid déferler jusqu'en France, le modèle CEP est nettement moins hivernal avec une dorsale anticyclonique qui s'écrase sur la France et qui laisse l'air très froid aux portes du pays. Très honnêtement, nous aurions tendance à privilégier le scénario du modèle CEP, avec une vague de froid se mettant en place sur l'Europe mais laissant pour le moment la France en bout de course.

Plus à long terme, les scénarios vont dans tous les sens. La "bonne conduite" en météorologie est alors de raisonner avec la prévision ensembliste. Ci-dessous, voici les deux diagrammes ensemblistes des deux principaux modèles GFS (GEFS) et CEP (ECMWF). Il faut être honnête : en 48h la situation n'est pas plus claire. Il y a toujours une moitié des scénarios qui penchent lourdement vers le froid alors que l'autre moitié reste plutôt dans les normes de saison, ou légèrement au dessus. 

Les effets du réchauffement stratosphériques devraient se maintenir jusqu'au 10 mars environ. Autant vous dire que nous entrons dans une période de trois semaines difficilement prévisibles. Prochain point dès que la fiabilité augmentera

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