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Fin Février 2018 sur l'Europe : vers une probable baisse des températures dont l'intensité reste très incertaine !

Dans la continuité de l'article rédigé hier soir, voici un nouveau point détaillé pour la fin Février 2018. Pour rappel, un puissant réchauffement stratosphérique est en cours. La stratosphère s'étire entre 10 et 50 km d'altitude. Certains scénarios voient, dans les 72h à venir, la température croître au dessus de 0°C à ces altitudes. C'est au dessus du Canada que la hausse devrait être la plus importante.

Le réchauffement stratosphérique en cours semble induire une scission du vortex polaire, avec une fragmentation de la zone dépressionnaire froide habituellement concentrée aux hautes latitudes en deux tourbillons principaux. C'est précisément cette fragmentation qui reste à apprécier dans les semaines à venir. 

En effet, les "morceaux" de vortex polaire pourraient circuler vers des latitudes moins élevées, telles que l'Europe. De façon générale, une désorganisation profonde de l'activité dépressionnaire au niveau du pôle nord est à prévoir d'ici la fin Février. Cette scission est bien appréhendée par le modèle CEP : 

Pour autant, nous vous l'indiquions hier, cet unique facteur n'est pas le seul à conditionner le temps sensible au niveau de la troposphère, là où nous vivons. En effet, si les réchauffements stratosphériques ont tendance à faciliter la mise en place de blocages hivernaux pouvant impacter notre continent, il existe des situations où les répercussions au niveau de la troposphère n'ont pas été très marquées. C'est pourquoi nous restons particulièrement prudents pour le moment.

Néanmoins, les modèles déterministes et ensemblistes laissent entrevoir les premières répercussions éventuelles de ce réchauffement stratosphérique. En première intention, il est important de rappeler que l'échéance étant lointaine, il est nécessaire de conserver cette vue d'ensemble. C'est pourquoi, nous représentons ci-dessous les deux prévisions ensemblistes des modèles GFS (à gauche) et CEP (à droite). Elles sont toutes deux centrées sur la région. 

Cartes : ensemblistes GFS et CEP. Source : Météociel.

On constate qu'à partir du 20 Février, la moitié des scénarios sont hivernaux sur l'ensembliste de GFS. Les autres se situent plutôt dans les normes de saison. La moyenne est donc voisine de 0°C à 850 hPa. Sur l'ensembliste CEP, la moyenne est également proche de 0°C à 850 hPa avec une moitié des scénarios qui plongent en dessous, et l'autre qui reste au dessus. Le run dit déterministe (scénario principal) en noir est le plus doux de son ensembliste. Il est donc isolé.

La vision ensembliste illustre donc ce potentiel hivernal pour la fin Février, sans pour autant que la tendance ne soit très claire. Si l'on s'intéresse désormais aux versions déterministes de GFS et CEP, ils semblent plutôt en accord ce lundi pour l'échéance du 19 Février (voir ci-dessous). Une dorsale anticyclonique devrait s'élever vers la Grande-Bretagne. Ceci pourrait favoriser le retour d'un flux d'Est peu dynamique en basses-couches. Si cela se précise, les gelées matinales pourraient faire leur retour vers le 20 Février. 

Cartes : déterministes GFS et CEP. Source : Météociel.

Les prévisionnistes de Météo Languedoc continuent de penser qu'une accentuation du froid est probable entre la fin Février et début Mars. Un réchauffement stratosphérique de cette envergure perturbe fortement les modèles qui passent d'un scénario à l'autre (hausse de l'écart-type). La situation sera à surveiller de près. Prochain point : demain en fin d'après-midi. Laissons un délais de 24h afin de voir comment la situation évolue. 

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