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Fin d'été et automne 2018 : vers une saison à fort risque d'épisodes méditerranéens et cévenols ?

En guise d'introduction de cet article, il est important de souligner que la prévision saisonnière est un exercice délicat qui doit être interprété avec la plus grande précaution. L'argumentaire qui va être développé durant cet article est basé sur l'analyse de paramètres actuels et de simulations de modèles saisonniers pour les prochains mois. Il est possible que la tendance évolue au cours des prochaines semaines. Si c'est le cas, nous ne manquerons pas de vous le notifier.

Souvenez-vous de l'hiver 2018 : un réchauffement stratosphérique majeur s'était produit aux hautes latitudes Canadiennes, au plus près du vortex polaire. Les conséquences avaient été assez lourdes avec un vortex polaire se fracturant en plusieurs morceaux. L'un d'entre eux s'était dirigé vers la France, nous plongeant dans une vague de froid neigeuse exceptionnelle. Depuis ce réchauffement stratosphérique, la circulation météorologique à l'échelle de l'hémisphère est "déréglée".  

La carte ci-dessus est issue du site de l'IRI. Elle montre l'anomalie actuelle des hauts géopotentiels (GPM) sur l'Europe. On y constate des hauts-géopotentiels récurrents sur l'Europe du Nord et de l'Est. A contrario, une légère faiblesse est observée sur les pays qui bordent le bassin Méditerranéen, tout comme près de l'Islande. Cette anomalie masque les particularités locales, mais nous assistons depuis le printemps à un transfert de petites dépressions/gouttes froides de l'Islande vers l'Espagne ou le golfe de Gascogne. Ceci n'est pas un hasard : une dépression positionnée sur ces secteurs favorise la mise en place d'un flux de secteur Sud/Sud-Ouest assez chaud et instable sur notre pays.

Les projections pour les prochains jours sont similaires à ce que nous observons désormais depuis des semaines : de nouvelles anomalies dépressionnaires vont s'approcher de notre pays. Le modèle ECMWF (CEP) que nous décrivons régulièrement sur nos articles insiste lourdement sur ce scénario. Vous comprenez désormais pourquoi l'été a du mal à s'installer sur notre pays. Cela dit, nous ne sommes qu'au 4 juin. La question que de nombreuses personnes se posent est la suivante : peut-on espérer que juillet et août soient chauds/secs ?

Il est bien évidemment délicat de répondre à cette question. Néanmoins, vous avez déjà pu profiter de notre ressenti à ce sujet dans l'article rédigé la semaine dernière à ce sujet. Plus en lien avec le titre de cet article, nous sommes en droit de nous interroger sur les conséquences de la récurrence actuelle si cette dernière vient à se maintenir d'ici la fin de l'été ou pire encore durant l'automne. Ci-dessous, retrouvez deux cartes issues des inondations de 2002 et 2005. Les similitudes sur le plan synoptique sont grandes, avec pour point commun une dépression positionnée sur le proche Atlantique et/ou l'Espagne.

Il n'est absolument pas question d'annoncer des catastrophes similaires à une échéance aussi lointaine mais il faut garder à l'esprit que si nous conservons le même régime de temps, le risque d'épisodes méditerranéens et/ou cévenols intenses deviendra important à la fin de l'été/début de l'automne, au moment où toutes les conditions de genèse seront réunies. La discussion est désormais lancée. Prochain point à ce sujet durant l'été.

Cartes : analyses NCEP. Source : www.meteociel.fr

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