Prévisions & Suivi en temps réel

Épisode méditerranéen : pourquoi il ne se passera rien ?

Vous connaissez certainement cette phrase : la météo n'est pas une science exacte. La nature ne cesse de nous le rappeler. Ce dernier événement en est le parfait exemple et reste tout de même rare par sa mauvaise fiabilité poussée à l'extrême. Pour ceux qui se posent la question et qui ne veulent pas d'explications : l'épisode méditerranéen n'est plus d'actualités. Maintenant, pour celles et ceux qui veulent comprendre pourquoi nous passons "de justesse" à côté, nous allons vous expliquer les différents éléments afin de mieux cerner les différents enjeux. Car oui, nous avions expliqué que le scénario était très incertain dans notre précédent article avec une petite préférence pour le scénario pessimiste. C'est finalement le scénario sec et chaud qui l'emporte. Explications.

Avant tout, courte explication sur comment sont réalisées les prévisions. Il existe des modèles basés sur les observations en temps-réel et qui calculent, à l'aide d'une moulinette faite de calculs tous plus compliqués les uns que les autres, différents paramètres. Ces paramètres sont retranscrits sous la forme de cartes. Certains sont simples (températures, précipitations, etc.) et d'autres plus complexe (hélicité, instabilité, thêta, etc.). Le rôle du météorologue est d'analyser, recouper et interpréter ces cartes pour réaliser une prévision. 

Il existe de nombreux modèles (Français, Européens, Américains, Japonais, etc.). Bien qu'ils partent d'une base similaire, les calculs sont différents tout comme les mailles sur lesquels ces calculs sont effectués. En bref, sur une même situation, de très nombreux scénarios sont proposés. Généralement, une tendance globale se dégage et c'est ainsi que nous vous proposons des prévisions. En ce moment, l'ex cyclone Hélène - qui vient de passer sur les Açores - vient jouer les troubles fêtes. Les modèles sont peu habitués à modéliser ce type de dépression dynamique et cela rend donc les prévisions vraiment peu fiables sur l'ensemble de l'Europe.

Les deux principaux modèles (l'Américain GFS et l'Européen CEP) proposaient deux scénarios totalement opposés pour ce mardi. GFS privilégiait un temps chaud et sec alors que CEP était extrême avec des pluies diluviennes. Nous étions restés très prudents mais nous avions privilégié le scénario pessimiste du modèle Européen. En effet, sur ces dernières années, CEP possède de meilleurs résultats que GFS.


Ci-dessus, on observe que CEP (en vert) possède le moins de marge d'erreurs. Pourtant, pour ce mardi, une fois n'est pas coutume, c'est le scénario de GFS qui l'emporte. Un "simple" décalage de 300 kilomètres (un rien en météo à l'échelle de l'hémisphère) et nous passerons une journée de mardi ensoleillée après dissipation des nuages bas matinaux. Le temps instable sera concentré essentiellement sur l'Espagne. Nous sommes conscients que malgré toutes ces explications et nos pincettes prisent depuis plusieurs jours, certains seront déçus. Il faut comprendre que cette marge d'erreurs tend à baisser au fil des années avec l'avancée technologique (voir le graphique ci-dessus).

Cependant, cela n'empêche pas de gros loupés. Ici, le scénario s'affine 48 heures avant mais parfois - souvent - même à quelques heures de l'échéance les orages ne sont pas assurés. C'est la difficulté ou la magie de la météo. Ce dimanche, quelques scénarios sont encore en faveur d'orages mais ils sont devenus bien minoritaires. Bien que nous ne soyons pas totalement à l'abri d'un orage, la majorité des modèles privilégient un temps assez chaud et sans pluie pour ces prochains jours.

Source : Météociel

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