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Épisode cévenol : vers un automne à risque ?

C'est la question que beaucoup de personnes se posent chaque année au commencement du mois de septembre et potentiellement de la période à risque. Chaque année est assez différente. Citons par exemple l'exceptionnelle saison de 2014 où l'on a recensé plus d'une dizaine d'épisode pluvieux dommageables. Au contraire, l'année dernière fut particulièrement sèche dans la continuité de l'été. Peut-on créer des liens entre de fortes chaleurs, la température de la mer et le risque d'épisodes cévenols ? Mais avant tout qu'est-ce qu'un épisode cévenol ? Doit-on craindre cet automne qui se profile ? Retrouvez ci-dessous l'ensemble des informations qu'il faut savoir avant d'entamer cet automne 2018.

Ils sont redoutés chaque année et ils le seront encore cette automne. Les épisodes cévenols sont parfois (mais pas toujours !) dramatiques et marquent les esprits. Depuis quelques jours, de nombreuses communications parlent d'un automne à risque en précisant que l'ensemble de l'arc méditerranéen est concerné par ces épisodes cévenols. Cette information est rapidement reprise par l'ensemble des médias nationaux plus ou moins spécialisés (Le Point à gauche et Sciences et Avenir à droite).

Premier élément important : l'épisode cévenol concerne ... les Cévennes ! Cela parait simple mais pourtant la communication fait état de 15 départements de l'arc méditerranéen, de la Corse au Roussillon en passant par la PACA et le Languedoc. Il est vrai que ces secteurs peuvent subir des épisodes pluvio-orageux violents mais les épisodes cévenols possèdent un mécanisme propre dont les Cévennes jouent un rôle primordial. Lorsque les orages diluviens touchent les plaines et littoraux, on parle d'épisodes méditerranéens. Bien que le résultat peut être aussi catastrophique, les engrenages sont différents.

Ci-dessous, nous vous avons schématisé simplement l'épisode cévenol et l'épisode méditerranéen. Il s'agit du mécanisme global ne prenant pas compte d'autre particularités plus fines et complexes. La première grande différence vient du flux marin. Le premier est puissant et vient se bloquer et s'élever contre les Cévennes tandis que sur le second, il est plus faible et s'arrête dans les plaines où une convergence se met en place.

Deuxième idée reçue importante à clarifier : l'influence des fortes chaleurs et la température de la mer. Bien que nous avons déjà abordé ce sujet, il nous parait nécessaire de vous expliquer le lien de cause à effet entre une mer chaude et un risque d'orages. Très clairement, il est marginal. Une mer chaude peut sensiblement accentuer le contenu en eau des nuages et donc potentiellement les quantités de pluie. Toutefois, sans conditions météorologiques favorables et même avec une mer à 40°C, le temps pourrait très bien rester sec en cas d'anticyclone persistant. De plus, il faut considérer la température de la mer sur une grande surface de la méditerranée et non celle du bord de mer de l'Espiguette ou du Cap-d'Agde.

La question la plus importante est : doit-on craindre des épisodes nombreux et violents cette année ? Comme expliqué lors de notre tendance pour le mois de septembre, il est difficile de trancher d'un simple "oui" ou "non". Ce que nous pouvons dire, c'est que les hautes pressions ne seront que temporaires sur notre pays. Elles seront plus récurrentes près de la Scandinavie. Ce contexte n'est pas parfait mais facilite le déplacement de dépressions sous cette bulle anticyclonique Scandinave. C'est pourquoi, oui il est possible que des épisodes méditerranéens et/ou cévenols se produisent durant l'automne. La probabilité est en tout cas plus élevée que l'année dernière. Pour autant, il n'est pas possible d'annoncer une catastrophe si longtemps à l'avance.

Quoiqu'il arrive, c'est l'occasion de revoir les bons comportements à adopter en cas d'inondations. Ce n'est que du bon sens mais malheureusement, nombreux sont à ne respecter ces consignes sous l'effet du stress.

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