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Automne 2018 : pourquoi cette absence d'orage pour le moment ?

La question est posée dans le titre : pourquoi sont les orages sont-ils si peu nombreux cet automne ? Durant cette année 2018, nous avons connu un hiver, un printemps et un été relativement orageux, avec des excédents pluviométriques parfois marqués. Si la pluviométrie a été inégale en fonction de la localisation des orages, il apparaît que durant cet été 2018 les cumuls de précipitations ont été largement supérieurs aux moyennes saisonnières sur la Lozère, l'Ardèche, le Gard, l'Est de l'Hérault et l'intérieur de l'Aude.

Sur l'Ouest de l'Hérault, les plaines littorales de l'Aude et des Pyrénées-Orientales, les cumuls ont globalement été proches des moyennes saisonnières. Cette saison estivale très chaude mais également assez orageuse est désormais suivie d'un mois de septembre relativement sec. La raison est simple : la persistance des hautes pressions anticycloniques à proximité de la France. Ci-dessous, retrouvez la carte du rapport à la moyenne saisonnière des cumuls de précipitations réalisée par Météo-France dernièrement :

Le mois de septembre n'est pas totalement terminé mais les cumuls relevés jusqu'à présent sont dérisoires : 2.2 mm à Montpellier (-97%), 4.2 mm à Mende, 8.2 mm à Nîmes (-91%) ou 12.6 mm à Carcassonne (-70%) pour ne citer que quelques exemples régionaux. Il est à noter qu'à Nîmes, les cumuls sont en réalité supérieurs à cela, mais le pluviomètre a eu un bug d'enregistrement lors de l'orage du 6 septembre. Dans tous les cas, si l'on raisonne à l'échelle de la région, nous sommes très en dessous des normales pluviométriques.

Ceci est encore plus significatif dès lors que l'on sait que les mois de septembre et d'octobre sont habituellement les plus arrosés de l'année dans notre région. Ci-dessous, retrouvez une carte de l'anomalie de géopotentiels actuellement observée. Pour faire simple : les zones rouges correspondent aux poches anticycloniques récurrentes. Les zones bleues correspondent aux zones dépressionnaires. Le constat est sans appel sur la France : nous restons protégés constamment par l'anticyclone.

Il s'agit quasiment d'une situation de blocage. En effet, les hautes pressions stationnent sur l'Atlantique depuis la fin de l'été, empêchant toute dépression de s'enfoncer vers le golfe de Gascogne ou l'Espagne, comme cela est souvent le cas à cette période de l'année. Dans ce type de circulation, les dépressions sont obligées de contourner le bloc anticyclonique et circulent de ce fait entre la Scandinavie et les Balkans.

Dans ce contexte, deux éléments clefs ressortent. Non seulement la probabilité d'observer un épisode pluvieux significatif est faible tant que ce scénario se maintiendra - ce qui semble être le cas au moins ces 10 prochains jours - mais en plus de cela nous allons observer un régime propice aux inversions thermiques. L'absence d'un véritable flux directeur aux abords de cet anticyclone induit des nuits plutôt fraîches et des journées assez chaudes. Ci-dessous, nous pouvons voir la nouvelle tentative avortée de dégradation pour la semaine prochaine, avec une goutte froide descendant de Scandinavie et s'isolant près de la Sardaigne. Flux de nord chez nous = temps sec et frais.
Cartes : Météociel.fr

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